Retour sur la conférence Émotion et prise de décision d'Olivier Oullier à l'Alcazar le 12 mars

Cerveau et marketingVu par Zibeline

Retour sur la conférence Émotion et prise de décision d'Olivier Oullier à l'Alcazar le 12 mars - Zibeline

Qui a dit que la science n’intéresse pas le grand public ? Le 12 mars dernier, l’auditorium de l’Alcazar était archicomble lors de la conférence d’Olivier Oullier intitulée Émotion et prise de décision. Précisons que cet orateur est familier des grands rassemblements, ayant été désigné Young global leader au Forum de Davos en 2011. Enseignant-Chercheur à l’Université d’Aix-Marseille, son travail consiste à étudier les liens entre les caractéristiques du cerveau et le comportement des individus. À comprendre «comment l’émotion et la rationalité jouent l’une contre l’autre, la distinction entre les deux étant de plus en plus difficile à établir, car les décisions sont biaisées par la subjectivité». Tout est question de contexte : devant un dilemme moral, on ne réagit pas de la même manière lorsqu’on est impliqué affectivement (si votre amoureux est dans un avion détourné par des terroristes, que l’on vous demande d’abattre pour éviter qu’il ne s’écrase sur une ville, par exemple) ou à distance (les réactions des soldats manipulant des drones sont attentivement analysées).
Les applications de ce type d’études ? Olivier Oullier donne «moins de deux ans» à la justice pour s’appuyer sur des tests de neuropsychologie et l’imagerie cérébrale avant de rendre ses décisions ! Évidemment, «les experts vont se battre sur la question de la fiabilité». Mais le fonctionnement du cerveau passionne avant tout le marketing, qui base ses profits sur l’exploitation du circuit de la récompense, et cherche son Graal : la prédictibilité comportementale. Le jeune homme explique en souriant que les progrès de la technologie peuvent être utilisés aussi bien pour soigner que pour vendre, et il pose la question : «Le privé paye ses chercheurs énormément plus que le secteur public… devinez qui se consacre à quoi ?» On commence à avoir des doutes sur sa position dès l’interrogation suivante : «Pourquoi donc les marchands de soda nous vendent-ils un monde meilleur, et la santé publique du cholestérol ?» Peut-être parce que les uns vendent un produit, alors que le storytelling ne fait pas vraiment partie des missions de l’autre ? Sa conclusion, qui nous ramène vers la psychologie constructiviste, laisse dubitatif : être intelligent, c’est être adapté à son environnement. Voilà une affirmation qui se discute aujourd’hui, dans un environnement saturé de signes manifestement pathogènes.

GAËLLE CLOAREC

Mars 2013

La conférence du 12 mars était organisée à Marseille par l’association Cerveau Point Comm dans le cadre de la Semaine du Cerveau, sous l’égide de la Société Française des Neurosciences

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