Vu par Zibeline

Une Cendrillon délicieusement moderne à la Maison du Peuple de Gardanne

Cendrillon, une histoire de famille

• 24 avril 2015 •
Une Cendrillon délicieusement moderne à la Maison du Peuple de Gardanne - Zibeline

Quand on voit sur un programme, Cendrillon, fille d’aujourd’hui, on pense à la chanson de Téléphone, et on se dit que l’indication ‘tout public à partir de 7 ans’ est quand même bien osée. Peur vaine ! Le spectacle porté avec une belle vivacité par la troupe du Hangar Palace adapte le conte en le transposant dans un monde plus ou moins actuel, mais suffisamment distancié pour lui accorder le caractère intemporel de toute histoire féérique qui se respecte. Cendrillon est ici seule avec son père, organisateur de bals somptueux, -dans une contrée indéfinie d’Afrique, très très lointaine-, mais qui a perdu le goût de vivre depuis que sa femme, la mère de Cendrillon, l’a quitté. La jeune fille cultive le jardin légué par sa mère, arrose les plantes et néglige son apparence. Un beau jour, son père lui présente sa nouvelle compagne, assortie de ses deux filles, parfaites pimbêches. Conformément au conte originel, les relations s’avèrent mauvaises, les bals reprennent et bien sûr Cendrillon ne peut s’y rendre. Les ingrédients sont respectés : une bonne fée, un garçon que l’on pourra prendre pour le prince du conte, une ingénieuse citrouille-carrosse, une belle robe de bal et des talons rouge passion, mais aussi les oiseaux, commentateurs et messagers… Jalousies, petitesses, aprioris sur l’intrus… dans une famille recomposée, chacun l’est. Tensions, disputes, coups bas, mesquineries, qui sont le révélateur de souffrances cachées. Cendrillon regrette cette mère qui l’a abandonnée, ses sœurs par alliance n’ont pas de père… Il y a là toute la méchanceté des mal-aimés, des incompris… Cendrillon ? Une histoire banale de famille reconstituée… banale au point de devenir archétype, traité avec la tendresse et l’inventivité de Julien Asselin qui adapte Perrault et les frères Grimm, et met en scène son texte aux côtés de Caroline Ruiz. Pour avoir (tous les deux) le bonheur d’interpréter cette histoire si actuelle, toujours, aux côtés de Catherine Gaya, Jean-Louis Kamoun, Edwige Pellisier et Carlotta Moraru. Les spectateurs de la Maison du Peuple de Gardanne, grands comme petits, jubilent devant les trouvailles délicieuses de la pièce qui met en évidence les aveuglements sans être moralisatrice, et sait être accessible aux enfants sans jamais bêtifier.

MARYVONNE COLOMBANI
Mai 2015

Vu le 24 avril, Maison du Peuple de Gardanne

Photo © ville de Gardanne