Christian-Pierre La Marca explore les possibles du violoncelle

Cello 360Vu par Zibeline

Christian-Pierre La Marca explore les possibles du violoncelle  - Zibeline

Les trois premières pièces qui ouvrent Cello 360 convoquent le souvenir de la viole de gambe : Sainte-Colombe, John Dowland et Marin Marais, passages obligés pour l’instrument-roi de l’ère baroque, révèlent en Christian-Pierre La Marca un interprète subtil, moins prompt à la performance technique qu’à une épidermique émotivité, portée par une musicalité sans faille. Ce faux départ historicisant – l’archaïsme d’un Dowland apparaissant plus évident entre les deux compositeurs français, postérieurs d’un siècle – n’embraye heureusement pas vers une progression linéaire. Les allers-retours d’une ère historique à l’autre, d’une aire géographique à la suivante, s’opèrent par affinités, par échos lointains. Rameau et ses Indes Galantes laissent ainsi la place à Pablo Casals, puis à Dutilleux, avant que la complainte de Didon et Énée ne revienne résonner dans un arrangement aussi sobre qu’émouvant. On prend ainsi autant de plaisir à entendre les pages plus contemporaines de György Ligeti, Thierry Escaich ou même de La Marca lui-même – en collaboration avec le Collectif 1163 – qu’à se replonger dans les pages plus anciennes, dont le phrasé se démarque d’autant plus que le violoncelliste recourt pour ces différents répertoires à deux archets différents. Même les mélopées des Beatles semblent ici parées d’un lyrisme inédit !

SUZANNE CANESSA
Décembre 2020

Cello 360 Christian-Pierre La Marca
Naïve, 17 €