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Vu par Zibeline

Le Festival Durance Luberon fête le centième anniversaire de la naissance de Benjamin Britten

Céleste Britten

• 9 août 2013⇒25 août 2013 •
Le Festival Durance Luberon fête le centième anniversaire de la naissance de Benjamin Britten - Zibeline

Cette année fête le centenaire de la naissance de Benjamin Britten, le Festival Durance Luberon lui consacrait une soirée particulière. Quatre œuvres du compositeur anglais au programme, dont, en création française, une œuvre de jeunesse, commandée par la BBC en 1937 dans laquelle devaient se mêler composition musicale et textes parlés. Thème imposé : les anges. The Compagny of Heaven, (La Troupe Céleste) entrecroise ainsi de superbes partitions pour chœur, orchestre, solistes et textes extraits de la Bible, psaumes, Genèse, évangiles et d’ouvrages poétiques où l’on retrouve entre autres, Milton, William Blake, Émilie Brontë… pièce multiple, complexe, à laquelle l’ensemble Ad fontes Canticorum  sous la direction enthousiaste de Jan Heiting, s’est attaché avec talent. En introduction, le chœur seul avec piano (Sandrine Schipani) interprète le Festival Te Deum (1944), voix parfaitement placées,  superbe dialogue entre le petit chœur de trois solistes et l’ensemble des choristes, irisation pailletée, élans brillants… L’Hymne à la Vierge de même que le Choral d’après un vieux chant de Noël français chantés a cappella permettent de goûter davantage encore la beauté des voix. Jan Heiting sait exploiter l’acoustique particulière de l’abbaye de Silvacane, ralentissant imperceptiblement certains tempos pour éviter le tournoiement des harmoniques. Reste un  délicat chatoiement, frémissement d’âme propice à l’apparition des anges. Le premier d’entre eux, le déchu Lucifer, au « chant trop personnel », introduit frottements et dissonances. L’évocation de l’échelle de Jacob amorce la réconciliation  avant que « le vol des anges d’or et d’argent comme des oiseaux » ne pose l’accord entre les mondes visibles et invisibles.    L’orchestre réduit souligne les étapes du récit, du chaos premier à l’alléluia final, les timbales de Christian Bini accentuent la dramatisation. Les violons de Sarah Friedmann et Yann Le Roux dessinent avec finesse le « manteau de l’invisible », soutenus par l’alto de Pascale Guerin et le violoncelle de Nathaly Makeeff. L’interprétation est toujours juste, échappant à la grandiloquence, et au kitsch, épousant au plus près l’esprit de l’œuvre. La soprano Émilie Bernou module avec subtilité les airs de gloire, tandis que le ténor Jean-Christophe Born offre une sublime Marche funèbre pour un garçon. Marie-Christine Barrault endosse le rôle de la récitante, passionnée, inspirée, lumineuse. On sourit à la frappante ressemblance que suggère le rapprochement de sa photographie et celle d’un ange de Raphaël… L’équilibre retrouvé dans l’air Ô, veilleurs, ô vous les saints,  à la fois ample et brillant, est bissé par un public debout. Quel dommage que cette représentation soit unique, sans véritable perspective de tournée !

MARYVONNE COLOMBANI
Septembre 2013

Crédit Photo: Bertrand Périsson / Festival Durance Luberon

 

Cette soirée a eu lieu le 23 août à l’Abbaye de Silvacane, dans le cadre du Festival Durance Luberon.

 

 


Abbaye de Silvacane
Route Départementale 561
13640 La Roque-d’Anthéron
04 42 50 41 69
http://www.abbaye-silvacane.com/