Retour sur la conférence spectacle de l'ANPU du 24 novembre à la Villa Méditerranée

Ceci n’est pas une conférenceVu par Zibeline

• 24 novembre 2013 •
Retour sur la conférence spectacle de l'ANPU du 24 novembre à la Villa Méditerranée - Zibeline

Il entre en scène, silhouette longiligne, vêtu d’une blouse blanche, tenant à la main une longue baguette, semblant se demander ce qu’il fait ce dimanche 24 novembre à la Villa Méditerranée… Cette caricature de scientifique rêveur, c’est Laurent Petit de l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine (ANPU) qui sillonne la France pour soigner les névroses des villes et présente des conférences sur un ton loufoque mais s’appuyant sur un réel travail d’enquête. Avant d’aborder le «vide» du sujet, il rappelle quelques bases de psychanalyse et ses méthodes de travail : rencontres d’experts dans les cafés, opérations divans permettant aux populations de répondre au questionnaire chinois, arbre généalogique de la ville pour qu’elle puisse guérir de ses névroses urbaines avant 2060 !

Il précise ensuite les méthodes qu’il utilise,  morpho cartographie et crypto linguistique ;  explique le «syndrome îlien» dont souffrent les deux villes qu’il vient de traiter, Marseille et Alger. L’histoire de la fondation de Marseille revisitée par ses outils est particulièrement croustillante et expliquerait  la tendance de la ville à la transgression. De même, pour Alger où le concept de l’île serait fondateur. La «dimension traumatique» est très importante pour ces villes qui ne parviennent à couper le cordon ombilical qui les relie encore : leur relation fusionnelle s’expliquerait par le syndrome de Stockholm, paroxystique avec le massacre de Sétif et les accords déviants (d’Evian). Cette partie de la conférence, très documentée et analysée, est particulièrement riche en pseudo lapsus et calembours. Le propos se termine sur un traitement thérapeutique global, schémas à l’appui, aussi farfelus qu’une mer intérieure dans le Sahara pour libérer Alger du pétrole ou l’installation d’une île en forme de langue dans la baie (l’abbé) d’Alger pour que la ville puisse retrouver sa langue et la tirer à la France !

L’ensemble, réjouissant, rappelle à propos des points d’histoire de la ville, mais certains jeux de mots «lacaniques» sont plus lourds qu’à Cavaillon ou Martigues. Est-ce ce poids que Laurent Petit a voulu faire ressortir ?

ANNIE GAVA

Novembre 2013

La conférence spectacle Marseille-Alger : destins croisés, destins chargés de l’ANPU a eu lieu le 24 novembre à la Villa Méditerranée, Marseille

Photo : ANPU (c) A.G.

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