Le dit de l’impétrance était au théâtre des Carmes, Avignon

Candidature imposéeVu par Zibeline

Le dit de l’impétrance était  au théâtre des Carmes, Avignon - Zibeline

Un flash. Le son d’un générateur en recharge. Dos au mur, la comédienne (Lena Chambouleyron), l’impétrante, se prépare à la mise à nu de l’audition. Un passage en chambre obscure pour combler le désir d’un réalisateur, puis le sien, démultiplié dans un larsen de reflets. «Ce que je veux c’est ce que je suis dans ma tête mais ce que je ne suis pas encore dans la vie.» Danse de la mort pour avoir le rôle, l’angoisse, l’affolement. Puis la chute et la pellicule qui brûle. Jouer, est-ce se donner corps et âme ? Devant elle, assise, l’autre figure féminine (Sharmila Naudou), l’alter ego, qui écoute l’actrice «par où passe le monde» avant de lui opposer ses questionnements existentiels, dans un monologue à la déclinaison alphabétique. Gueule du rôle, physique de l’emploi, profil type ? Chacune coincée dans sa posture et son rapport au monde, sa réalité ou sa fiction, entre non-dits et solitude.

Mise en scène par Olivier Barrere et en scénographie par Erick Priano, pour la Cie Art 27, la pièce d’Enzo Cormann tente une définition du désir et des limites de l’intime. «Qui voudrait tourner un film sur une fille qui voudrait tourner dans un film ?»… épineuse question qui reste suspendue aux fils de l’expérience des protagonistes.

DELPHINE MICHELANGELI
Avril 2013

Le dit de l’impétrance s’est joué du 28 au 31 mars au théâtre des Carmes, Avignon