Vu par Zibeline

Alexandra Badea au festival Off d'Avignon

Burnout

Alexandra Badea au festival Off d'Avignon - Zibeline

Un homme et une femme impeccablement habillés sont dans un espace vide. Tous deux se lancent dans un discours qui nous livre leurs pensées. Ils se répètent des encouragements au travail, à la performance, à la course à la réussite : travailler plus, atteindre les objectifs, « rentabiliser le temps ». L’auteure Alexandra Badea (lire aussi p 16 et 17) livre avec Burnout un texte incisif, implacable. L’homme (Pierre-Marie Paturel) se justifie : « Il ne faut pas avoir honte de vouloir une vie plus facile pour sa famille », tandis qu’elle (Hélène Tisserand) clame ne pas baiser, mais jouir de son investissement dans son travail. Tous deux, impeccablement justes, sont efficacement dirigés par Marie Denys. Mais la mécanique déraille : d’entretiens annuels en thérapie, leur univers se craquelle. La fin de la pièce, totalement inattendue, nous transporte dans un espace plastiquement séduisant. Les personnages ont tous deux lâché leurs longs cheveux, jouent avec des faisceaux lumineux dans des images oniriques : retour aux sources ou nouvel avenir ?

Chris BOURGUE
Juillet 2019

Burnout s’est joué au 11. Gilgamesch du 5 au 26 juillet

Crédit photo : Lucile Nabonnand