Daniel Buren s'installe à la Cité Radieuse de Marseille jusqu'au 30 septembre

Buren terrasse Le CorbusierVu par Zibeline

• 30 juin 2014⇒30 septembre 2014 •
Daniel Buren s'installe à la Cité Radieuse de Marseille jusqu'au 30 septembre - Zibeline

Au MaMo, après Xavier Veilhan, Daniel Buren bouleverse la terrasse rigoureuse du Corbu.

Au sortir de l’ascenseur au neuvième étage de l’Unité d’Habitation de Marseille (dite Cité Radieuse), on débouche sur un des points de vue culminant remarquable de la ville. Non que le béton brut historique, austère et vieillissant, soit des plus réjouissants. Mais l’installation conçue par Daniel Buren a transformé cette terrasse (accessible gratuitement) en une cour de jeux comme un écho au projet corbuséen de crèche-garderie aujourd’hui désaffectée (idem du gymnase devenu salle d’exposition occupée par une monumentale installation vitrail/miroir). D’emblée le travail du maître de l’in situ contraste avec le lieu comme celui-ci rompt avec le ventre orthogonal du bâtiment clos sur lui-même. Cette occupation complexe bouleverse l’axe nord/sud de l’architecture, avec comme acteurs principaux, couplés aux éléments colorés reprenant les mosaïques murales originelles, les miroirs. Ceux-ci redoublent d’effets : inclusion extérieur/intérieur, intégration/fragmentation, démultiplication/éclatement des perspectives, condensation/expansion des espaces, captation/renvoi/perdition du regard, admission des modifications atmosphériques dans le permanent. L’idée même de point de vue et du pittoresque en prend un sacré coup dans ces renvois d’infinis reflets. D’où l’«infini» contenu dans le titre quelque peu sibyllin ? Il ne nous a pas été possible lors de notre visite de recueillir les éclairages de l’auteur sur ce point, comme sur l’ensemble de sa démarche. Dommage. Car Daniel Buren n’en est pas à sa première réalisation dans la région. La confrontation avec ses projets récents à Istres (voir Zib’65 et 70) aurait pu être fructueuse, ou, encore, avec cette commande plus ancienne, à Marseille, de 1989, disparue depuis, et conçue pourtant pour être pérenne, le Mât des Fédérés. On s’interrogera sur un autre point mis en avant dans le dossier de presse : «Cette nouvelle exposition a été rendue possible grâce au programme Audi talents awards -mécène principal du MaMo- dont la vocation est de détecter, soutenir et accompagner des talents émergents depuis 2007.» Daniel Buren, un artiste prometteur.

CLAUDE LORIN
Juillet 2014

Défini, Fini, Infini
jusqu’au 30 septembre
MaMo, centre d’art de la cité Radieuse, Marseille

Photo : Daniel Buren, Fini, Défini, Infini, travail in situ, MaMo, Marseille, 2014, vue partielle © C.Lorin/Zibeline

MAMO, Centre d’art de la Cité Radieuse
280 Boulevard Michelet
13008 Marseille
01 42 46 00 09
http://mamo.fr/