Vu par Zibeline

Un préambule d'anecdotes intimes suivi d'une chorégraphie où les corps de Kaori Ito et Théo Jouvet fusionnent.

Brasier amoureux

• 2 avril 2019⇒5 avril 2019 •
Un préambule d'anecdotes intimes suivi d'une chorégraphie où les corps de Kaori Ito et Théo Jouvet fusionnent.  - Zibeline

Kaori Ito et Théo Jouvet livrent leurs amours de jeunesse avant de danser leur rencontre fusionnelle

Comme un bord-plateau, à la différence que l’échange entre les artistes et le public est le prologue à la pièce. Pour débuter Embrase-moi, Kaori Ito et Théo Jouvet reçoivent chacun un groupe de spectateurs, invités à réagir, pour un (légèrement trop long) récit d’anecdotes intimes ayant structuré leur histoire amoureuse, de la naissance à leur rencontre. Comme une préparation à ce qui va suivre, pour que l’acte chorégraphique soit perçu et apprécié au regard de ces confidences sur leur passé. Brutes et sans pudeur. On apprend par exemple que Théo se masturbe dès l’âge de 5 ans et qu’il a besoin depuis d’un orgasme quotidien. Ou encore qu’il découvre son aptitude à pratiquer l’auto-fellation à 18 ans. Avant d’enchaîner les conquêtes, le jeune homme reste longtemps un observateur du sentiment amoureux, vivant ses émotions dans la retenue, sans les concrétiser physiquement. Jusqu’à Laura avec laquelle il partage une expérience intense qui l’amènera finalement au polyamour. Mais l’arrivée de Kaori va tout bouleverser. C’est cette relation exclusive que le couple livre sur le plateau en deuxième partie.

Les partenaires évoluent dans un cercle formé par un grand cerceau (Jouvet vient des arts du cirque). Les corps se testent, se provoquent, se surprennent, se raisonnent, se résistent, s’enlacent et se désenlacent. Quand les mouvements se répondent ou se contredisent. Sur un morceau de musique gnawa, ils dansent, la main de l’un dans le slip de l’autre, unis et connectés aussi par les organes de la procréation (leur fils a 18 mois). Puis, entièrement nus, ils utilisent le cerceau comme l’écrin d’une intimité sans limite, fusionnant leurs corps par des figures et portées de nature circassienne. Jusqu’à la dernière rotation du cerceau avant sa chute, pour un final majestueux.

LUDOVIC TOMAS
Avril 2019

Embrase-moi a été joué du 2 au 5 avril au Théâtre du Gymnase, à Marseille

Photo : Embrase moi © Laurent Philippe


Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre Français
13001 Marseille
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/