"Tour de France" de Rachid Djaïdani ouvre festival du Cinéma Méditerranéen à Montpellier

Bleu Vernet

• 21 octobre 2016 •

Ouverture du festival du Cinéma Méditerranéen à Montpellier (Cinemed) ce vendredi  21 octobre avec Tour de France, le film de Rachid Djaïdani que Zibeline avait chroniqué en mai lors de la reprise de la Quinzaine des Réalisateurs à Marseille.

Pas question de vélo dans ce Tour de France là même si on a un tandem ! Sélectionné par Edouard Waintrop en 2016, comme l’avait été en 2012 Rengaine, le premier opus du cinéaste, le film suit d’Arras à Marseille, en passant par la Charente maritime et le Pays Basque, un couple improbable. D’un côté, génialement interprété par Gérard Depardieu, Serge, un beauf raciste, veuf, bourru, misanthrope, ex-ouvrier, ex-taulard, revenu perdant et amer des luttes anciennes, et en rupture avec son fils producteur de rap converti à l’Islam. Un peu fou aussi et sans complexe, puisqu’il a entrepris d’imiter le paysagiste du 18e (siècle, pas arrondissement ) Joseph Vernet, chargé en son temps par Louis XV de peindre les ports du Royaume. De l’autre côté, Sadek, un rappeur parisien issu de l’immigration, contraint de se faire oublier, à la suite d’une «embrouille» avec un caïd de sa cité. Bien sûr, on sait dès le début, que ces deux-là, le fils sans père, le père sans fils, l’arabe inculte et le M. Desmoulins au patronyme fleurant bon la France, finiront par se rejoindre, que le pathos de Serge Lama et de Serge Reggiani se métisseront avec le flow rageur du jeune musicien, que la Marseillaise rappée retrouvera son potentiel révolutionnaire. Bien sûr, ce tour de France se fait état des lieux de fractures sociales et politiques du pays. Mais cette opposition et ce rapprochement qui auraient pu verser dans une facilité convenue, se construisent, scène après scène avec tant de tendresse et d’humour qu’on sort de ce road movie «bleu Vernet» avec une furieuse envie d’aimer et de croire que oui c’est possible ! D’ailleurs pourquoi ça ne le serait pas ? Rachid Djaïdani a rappelé les miracles de ce tournage : l’adhésion de «Tonton» Gérard au projet, la force de son professionnalisme face à des débutants, le hasard fabuleux de la rencontre finale avec le célèbre rappeur new yorkais Mos Def et Cannes bien sûr qui voit les enfants des banlieues affirmer, à l’instar de Houda Benyamina également au programme de cette Quinzaine bis, sur la scène internationale du festival, leur énergie, leur vitalité, leur créativité.

ELISE PADOVANI
Octobre 2016

Photo : Copyright Mars Films

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