Le 30e Festival Tous Courts

Besoin du féminisme, et des courts

Le 30e Festival Tous Courts - Zibeline

Salle pleine de lycéens pour les deux premières séances du 30e Festival Tous Courts à Aix, devant des films pas faciles. Deux ont pour départ un viol : «raté» pour le premier dans Mollement, un samedi matin : «Ce n’est pas le viol que j’ai voulu traiter, a précisé Sofia Djama lors de la rencontre avec le public, mais le viol de l’Algérie, la place de la femme dans l’espace public. J’ai voulu raconter Alger par un regard de femme.» Qui ne manque pas d’humour : la jeune femme rencontre à nouveau son violeur qui «bande mou» et lui offre une boite de viagra !

L’interrogatoire à Paris d’une jeune prostituée roumaine, qui ne comprend pas le français, sur le viol collectif qu’elle a subi, est abordé avec plus de violence dans Solitudes de Liova Jedlicki. Inspiré d’une histoire vraie, encore plus terrible que la fiction, le film dénonce l’indifférence de la police et de l’hôpital face à ces drames.

Dure aussi, l’histoire de Lilli (superbement interprétée par la jeune Mila Boehning), dans le film éponyme de Jan Buttler : la fillette doit tout assumer, son frère, les courses, le chauffe-eau, et surtout cacher à tous que leur mère est gravement dépressive et ne se lève plus.

On rit devant l’humour glacial de Récits de chambre froide de Grzegorz Jaroszuk  : un homme et une femme reçoivent, pour la troisième fois consécutive, le titre de «pires employés du mois» et sont sommés par leur patron de trouver une raison de vivre ; ils décident de s’inscrire à l’émission de divertissement télévisuel intitulée «L’individu le plus malheureux». Une satire réussie du monde du travail.

Parmi les 60 films en compétition, beaucoup de réussites : Nieuwpoort en juin de Geoffrey Couanon, un film délicat sur les rapports entre un vieil homme et son petit-fils qui apprennent à se connaitre et à s’aimer ; Ce n’est pas un film de cow boys de Benjamin Parent qui met en scène des adolescents, et leurs représentations de la virilité, alors qu’ils parlent dans les toilettes du Secret de Brokeback Mountain ; Le Cri du homard de Nicolas Guiot, film très fort sur les traumatismes de la guerre pour ceux qui en reviennent ; sans oublier l’animation : Tram de Michaela Pavlátová et Tati Ramitsu de Victoria Vancells.

ANNIE GAVA

Décembre 2012

 

Palmarès

Prix décernés  par le Jury Professionnel : Louise Portal, Sandrine Ageorges-Skinner, Bruno Bertoli, Philippe Germain, Frédéric Dubreuil

Grand Prix : Opowiesci z chlodni (Frozen Stories) de Grzegorz Jaroszuk (Pologne)

Prix Spécial du Jury : Fais Croquer de Yassine Qnia (France)

 Prix uniFrance Films : Le Commissaire Perdrix ne fait pas le voyage pour rien d’Erwan Le Duc (France)

 Prix de la Meilleure Musique Originale à la compositrice Tifany Veys pour Natasha de Roman Klochkov (Belgique)

 Prix du Jury Jeune : The Entertainer de Konstantin Kolesov (Russie)

 Prix des Télévisions Francophones : Le Cri du Homard de Nicolas Guiot (France)

Prix Cinécourts : Les Cerises du bateau de Sarah Hatem (Liban/France)

Prix Cinémas du Sud : Nieuwpoort en juin de Geoffrey Couanon (Belgique/France)

Prix du Public : Opowiesci z chlodni (Frozen Stories) de Grzegorz Jaroszuk (Pologne)

Prix du Jury des Enfants : Don’t Go de Turgut Akacik (Turquie)

 

Festival Tous Courts

04 42 27 08 64

www.festivaltouscourts.com