La Symphonie de Poche s'attaque aux pages beethovéniennes

Beethoven, si tu nous entends…Vu par Zibeline

La Symphonie de Poche s'attaque aux pages beethovéniennes - Zibeline

La Symphonie de Poche, du haut de son rare effectif de douze musiciens, s’est attelée avec Beethoven, si tu nous entends… à un exercice peu commun. Conçue en collaboration avec le musicologue Tristan Labouret, cette heure de concentré beethovénien amalgame les pages les plus célèbres du compositeur en les restructurant autour de cinq actes, où les arrangements de Robin Melchior s’apparentent davantage à un colossal travail de réécriture qu’à une simple retranscription. Sur le « Prélude » qui tient ici lieu d’ouverture, le chant de la IXème retentit dans les graves de l’accordéon, la Symphonie pastorale amalgame son thème initial sautillant et son Allegretto final, tandis que le tonnerre de la Vème se fraie son chemin… La versatile VIème, où la Nature se fait tour à tour gracieuse et impétueuse, tient lieu de fil rouge aux interludes. « L’apprentissage » creuse le sillage des premières symphonies ; « La passion de l’inaccessible », entre le franc binaire de la Symphonie IV, le ternaire du Rondo du Concerto de l’Empereur, ou encore les triolets insolubles de la Sonate au Clair de lune, figure ces « cœurs voués à ne jamais battre à l’unisson ». On entre ensuite, avec un « Muss es sein ? » martial, dans le cœur de « La Révolte ». Sur « La mort du héros » surgit la mélancolie intacte de la VIIème, avant que « La réconciliation » laisse exploser un chant de fraternité multiple.

SUZANNE CANESSA
Janvier 2021

Beethoven, si tu nous entends…
La Symphonie de Poche, direction Nicolas Simon
Klarthe, 15 €