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Inon Barnatan donne une interprétation phénoménale des concertos de Beethoven au Pharo

Beethoven magnifié

• 1 décembre 2016⇒2 décembre 2016 •
Inon Barnatan donne une interprétation phénoménale des concertos de Beethoven au Pharo - Zibeline

L’Orchestre Philharmonique de Marseille et son chef Lawrence Foster affichaient, au Pharo début décembre, un programme alléchant et fort ambitieux. On prévoyait d’y jouer, sur deux soirées, l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven : un monument de la littérature musicale ! La direction artistique de l’Opéra de Marseille avait convoqué, pour l’entreprise, un pianiste peu connu sous nos longitudes, Inon Barnatan, artiste œuvrant aux États-Unis surtout, mais dont la carrière se développe aussi au Japon, en Australie et depuis peu en Europe (Londres, Leipzig..). On eu beaucoup de chance de le découvrir en primeur à Marseille !

Ce fut tout simplement PHÉNOMÉNAL ! Inon Barnatan interpréta les partitions, par cœur, avec une imagination débordante, une sensibilité s’exprimant à chaque détour mélodique, de phrasés, de nuances, un toucher rare, onctueux et alerte, une hauteur de vue dans la préhension du discours beethovénien, et, chose plutôt rare chez les pianistes dans ce répertoire, une pointe d’humour ! Autant de vertus qu’il a transmises naturellement aux pupitres de l’orchestre. Cordes, bois, cuivres et percussions se sont moulés dans son jeu épatant, alors qu’à la baguette Lawrence Foster assurait l’équilibre général, la cohésion rythmique… On a peu souvent perçu une telle osmose entre la phalange phocéenne et les virtuoses de passage : ce fut le cas dans les combats sonores, tout en contrastes, comme dans pages exigeant une harmonie symbiotique. Tous, membres de l’orchestre, chef, public, lui réservant une belle ovation finale, ont eu conscience d’accueillir un pianiste d’exception, nageant avec naturel dans le bain du « grand sourd », son langage alliant une clarté classique au culte tourmenté d’un « moi » déjà bien dessiné. Inon Barnatan a invité les musiciens à donner le meilleur d’eux-mêmes, les poussant vers des hauteurs où l’on a pu respirer, en partage, des bouffées de bonheur et d’émotion.

JACQUES FRESCHEL
Décembre 2016

Photo : Inon Barnatan © Marco Borggreve


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