Le festival Courts-Bouillon de Rousset, cette année encore, a démultiplié les bonheurs

Bat-cinéVu par Zibeline

• 11 octobre 2014 •
Le festival Courts-Bouillon de Rousset, cette année encore, a démultiplié les bonheurs - Zibeline

Des ailes de chauve-souris, une caméra au centre, tendant son regard objectif… le festival Courts-Bouillon de Rousset se place cette année sous les auspices d’un Batman qui s’ennuie et retrouve le goût de l’action grâce au cinéma. La bande d’annonce festivalière déclenche rires et applaudissements. La mission de la dynamique association des Films du Delta cette année encore remporte un large succès public, avec, le samedi 11 octobre, à partir de 14 heures, la projection de 37 courts-métrages du monde entier. Cette belle fête du cinéma était précédée par une journée de sensibilisation auprès des écoles, avec un florilège d’œuvres adaptées à l’âge des spectateurs. En quatre vagues, le public avait accès à de véritables pépites. Certes, le souligne la directrice des Films du Delta, Sylvia Vaudano, chacun pourra plus ou moins apprécier la sélection, trouver des longueurs, des lourdeurs parfois, mais la qualité des œuvres reste indéniable. Tous les thèmes, les genres sont abordés, du réalisme au film d’animation. Pour la troisième année, Courts’Bouillon invite Supinfocom Arles, avec huit courts-métrages originaux de la promotion 2014. On avait le plaisir de revoir Home sweet home, qui a remporté le Best in Show Award au Siggraph 2014, le très beau et poétique Sahara, Room Service et sa dimension fantastique, les tours surprenants et cocasses de Léonard, où le voyage dans le temps explique bien des choses… Cette séance spéciale était précédée par trois courts réalisés par des élèves de quatrième année, en partenariat avec le MuCEM, inspirés par les expositions, Les splendeurs de Volubilis, Le Monde à l’envers et Odessa. Et puis, dans cette multitude d’ouvres, que retenir ? Mon ami Nietzsche  de Fauston da Silva (prix du public Clermont-Ferrand 2014) où un enfant en échec scolaire va se mettre à lire des ouvrages trouvés à la décharge, le premier sera Ainsi Parlait Zarathoustra, non seulement l’enfant lit, mais s’efforce de mettre en œuvre sa lecture, d’où un enchaînement de situations dramatiques et cocasses… on est séduit par le comique de Welkom de Pablo Munoz Gomez, construire un poulailler conduit à de belles réflexions sur la relation à l’autre ! Les enfants se trouvent confrontés à la cruauté absurde du monde, que ce soit dans Le Camion de mon père de Mauricio Osaki ou The Chicken de Una Gunjak , dénonciation de l’abattage des chiens dans l’un, de la guerre dans l’autre. L’humour noir n’est pas en reste, que ce soit avec le film d’animation Oh Shepp de Gottfried Mentor où les décisions des bergers ne sont pas forcément les meilleures pour leurs moutons, ou Democracia de Borja Cobeaga: pour souder son entreprise le PDG a recours à de curieux procédés… comment ne pas être injuste en ne citant pas tous ces petits joyaux, qui avec la forme ramassée de la nouvelle savent à la fois dénoncer, distraire, amener à une réflexion sur le monde. Gardons pour la route Supervenus, film d’animation de Frédéric Doazan, dédié à tous les amateurs de chirurgie plastique. Et pour terminer cette 9ème édition de Courts Bouillon, quoi de mieux que le délirant Enfin la fin de Benoît Delépine, avec une mini chorégraphie de Decouflé.

Un festival de courts ? C’est la démultiplication des bonheurs !

MARYVONNE COLOMBANI
Octobre 2014

Vu le 11 octobre, Salle Ventre, Rousset
Les Films du Delta
04 42 53 36 39
http://www.filmsdelta.com

Crédit photo : Mon-ami-Nietzsche-de-Fauston-da-Silva-©-Aquarela-Produções

Salle Emilien Ventre
Boulevard de la Cairanne
13790 Rousset
04 42 29 00 10
http://www.rousset-fr.com/