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Vu par Zibeline

Bas Bron et son projet Fatima Yamaha au Cabaret Aléatoire à Marseille

Bas tout en haut

Bas Bron et son projet Fatima Yamaha au Cabaret Aléatoire à Marseille - Zibeline

Il a le smile, Bas Bron. Il faut dire qu’il revient de loin et que le public nombreux qui est devant lui pour l’accueillir chaleureusement malgré l’horaire anticipé (21h), n’aurait en fait jamais dû être là. Emigré aux Pays-Bas pour former un groupe qui n’a finalement pas vu le jour, il a commencé son projet Fatima Yamaha sans beaucoup de succès. Il aura attendu huit longues années avant que son « hit » What’s A Girl To Do ne fasse son chemin sur les platines de grands DJ’s, ce qui lui a offert une belle exposition ces derniers mois. Le lot quotidien (et impitoyable) des artistes de musique électronique. Mais relativisons : Bas a aujourd’hui la possibilité d’exposer son talent, non pas en DJ, mais en live avec ses machines et son clavier sur lequel il entame dès le début des solos épiques, avec un je-ne-sais-quoi de demie-tonalités orientales révélant un peu de ses origines. Même si celles-ci restent énigmatiques, comme son pseudonyme (brouillage des genres, quand tu nous tiens !). Si l’entame est aussi nuancée que la charmante petite animation effet « aquarelles » projetée derrière lui en vidéo, le Hollandais n’hésite pas à accélérer sur des beats plus musclés (Love Invaders, Araya, Borderless II) entre nu disco batave, techno américaine et house allemande. Pour résumer c’est aussi accrocheur que Daft Punk sans être lassant.

Mais ce qu’on préfère de lui sont les morceaux au tempo mesuré comme l’apesanteur suggérée d’Only of The Universe. Qu’on appelle cela de la house music est anecdotique. Pour cela, What’s A Girl to Do demeure un cas d’école : c’est une ritournelle entêtante, magique et futile, magique parce que futile. C’est de cela, entre autres, dont nous parle l’électro : regarder l’instant passer dans une rêverie hédoniste. Il ne s’agit que de ça ici, et c’est précieux. À 22h52, l’affaire est pliée. Le Cabaret Aléatoire, en mode club et cintré de rideaux noirs, avait prévu une soirée commençant et finissant tôt, probablement pour préserver le week-end chargé de l’artiste. Qui a dit que la techno, c’était fatiguant ?

HERVÉ LUCIEN
Novembre 2017

Fatima Yamaha s’est produit le 26 octobre au Cabaret Aléatoire, Marseille

Photographie : Fatima Yamaha au Cabaret Aléatoire © Valentin Chalandon


Cabaret Aléatoire
41 Rue Jobin
13003 Marseille
04 95 04 95 09
http://www.cabaret-aleatoire.com/cabaret/