Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Le premier film de Juliana Antunes en compétition au FID

Baronesa

• 11 juillet 2017⇒17 juillet 2017 •
Le premier film de Juliana Antunes en compétition au FID - Zibeline

Un corps de femme qui ondule et danse. On ne voit pas la tête, juste cette ondulation plein cadre. Puis, deux femmes, jeunes, allongées sur un lit, discutant du prix de deux portes, s’inquiétant de l’argent qui manque et des solutions pour le trouver ou soignant leurs ongles dans un petit salon de beauté.  Les deux femmes, ce sont Andreia et Leid, les protagonistes de Baronesa, le premier film de la jeune Brésilienne, Juliana Antunes. Un film courageux qui montre le poids du système patriarcal, le machisme et l’énergie de femmes qui essaient de vivre. Et ce n’est pas facile dans cette favela  du quartier de Juliana, une banlieue de Belo Horizonte dans le Minas Gerais. C’est en remarquant que les bus qui quittaient le centre ville pour les banlieues portaient des noms de femmes, Juliana, Baronesa, que la jeune réalisatrice a eu l’idée de son projet de film. Rencontrer ces femmes qui vivent là, qui mènent une lutte quotidienne pour essayer de sortir de la misère. Durant six mois, elle a vécu dans une favela du quartier de Juliana et a pu ainsi approcher Andreia ainsi que sa belle sœur, Leid. Les maris sont loin, l’un chauffeur routier et le frère d’Andreia en prison. Et on partage pendant un peu plus d’une heure leur quotidien, leurs confidences. Elles parlent de tout, de la drogue, du sexe, de l’amour, de l’amitié. Et la mort rôde. Des coups de feu, la guerre entre les gangs, hors champ mais qui, omniprésente, pèse de toutes ses menaces. Parfois on est mal à l’aise comme si on écoutait aux portes lorsqu’Andreia gronde son fils ainé qui a eu des gestes déplacés sur son petit frère. Parfois on est bouleversé quand on entend la lecture de la lettre qu’elle va envoyer à son frère en prison, évoquant leur enfance. Certes on a déjà vu au cinéma la vie dans les favelas mais il est rare qu’on la voie avec les yeux des femmes. Les spectateurs du FID ont apprécié ce point de vue : ils lui ont attribué le Prix du Public.

ANNIE GAVA

JUILLET 2017

© Thiago Macêdo Correia

Le film était présenté  au FID Marseille  en compétition internationale et a obtenu Le Prix du Public, Le Prix Renaud Victor ainsi que le Prix Marseille Espérance


Cinéma Les Variétés
37 rue Vincent Scotto
13001 Marseille
facebook.com/Cinemalesvarietes


FIDMarseille
Association Vue sur les Docks
14 Allée Léon Gambetta
13001 Marseille
04 95 04 44 90
http://www.fidmarseille.org/dynamic/