L'accordéoniste Marie-Andrée Joerger s'attaque au Cantor de Leipzig

Bach en miroirVu par Zibeline

L'accordéoniste Marie-Andrée Joerger s'attaque au Cantor de Leipzig - Zibeline

Plus encore que le souvenir et la « patte » du cantor de Leipzig, c’est à partir d’une forme bien précise que Marie-Andrée Joerger a voulu retracer une histoire personnelle et pluridimensionnelle de la musique. Celle-ci n’a rien de linéaire ou d’évolutif : la forme « prélude et fugue » n’étant ici qu’un angle nouveau pour penser de nouvelles correspondances et autres jumelages entre différents compositeurs. On y retrouve notamment Thierry Escaich, qui a composé spécialement pour l’accordéoniste un Prélude et Fugue évoquant davantage les richesses de timbre et d’harmonies de l’œuvre que le sens du toucher propre au clavecin. Mais aussi l’envolée lyriquissime du continuateur français méconnu Claude Balbastre, ou encore le réarrangement d’un certain Mozart, et enfin les explorations retorses de Max Reger… On demeure marqué par une incursion assez fascinante dans le genre de Clara Schumann, qui semble s’affranchir de toute temporalité et de tout code. Chaque pièce accoude à l’éclat de son premier temps le foisonnement polyphonique du second, dans une vigueur qui n’est pas sans suggérer la dialectique. Bach en miroir n’oublie cependant jamais, au fil de cette exploration savante, d’adosser à cet art de l’équilibre une émotion tangible.

SUZANNE CANESSA
Avril 2021

Bach en miroir
Marie-Andrée Joerger
Klarthe, 15 €