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Vu par Zibeline

Délices d’un concert lyrique champêtre à la Font de Mai

Aux champs !

Délices d’un concert lyrique champêtre à la Font de Mai - Zibeline

Le festival les Musicales de la Font de Mai fêtait ses cinq ans, et déjà, malgré sa jeunesse, il semble avoir pris une belle vitesse de croisière, trouvé sa mesure, un ton éclectique, convivial, exigeant et d’une belle humanité.

En clôture, un concert lyrique était offert sous les étoiles à une « salle » comble. Sans doute spectacle moins « vendeur », après la brochette de talents célèbres qui ont enchanté les cigales aux pieds du Garlaban, le rendre gratuit a permis de « faire le plein » ! Si, comme aima le rappeler en ouverture de chaque soirée, Sylvia Barthélémy, Présidente du Territoire d’Aubagne et du Pays de l’Etoile et Vice-présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, l’édition 2018 se voulait « millésime fruité et coloré », elle fut aussi pétillante grâce aux fantaisies lyriques portées avec une jubilation potache par les jeunes chanteurs lyriques invités, quasiment tous issus de la région, aux débuts d’une (déjà) belle carrière et accompagnés avec une intelligente pertinence par la pianiste Valérie Florac.

Sous le signe prometteur des étoiles, un programme consacré à l’opéra du XIXème romantique permettait d’arpenter les territoires connus des grandes œuvres, et laissait la part belle à l’opéra français. Bien sûr Carmen, espiègle, interprétée par l’expressive Laura Stambouli (mezzo-soprano), ouvrait le bal, et entraînait le public chez Lillas Pastia pour une délicieuse Séguedille. La jeune mezzo était rejointe par la soprano Charlotte Despaux pour le délicieux et difficile Duo des fleurs de Lakmé (Léo Delibes), tandis que le baryton Mikhael Piccone, bien connu des scènes marseillaises, devenait Hamlet de l’opéra d’Ambroise Thomas aux côtés d’une délicate Ophélie. On se glissait dans l’univers de Gounod avec Faust, on souriait à l’air des bijoux, remarquablement joué par Charlotte Despaux, on faisait un détour apprécié par l’opérette avec le duo de Princesse Czardas d’Emmerich Kálmán, « T’en souvient-il » entre Sylva (la Princesse, mezzo) et Edwin (le Prince héritier). On retiendra encore les beaux graves de l’air de Rosina du Barbier de Séville (Rossini), les duos extraits d’opéras de Verdi (Traviata) ou de Mozart (Cosi fan tutte), le jeu facétieux et enlevé de Figaro dans son grand air, un sommet d’expressivité et de verve ! L’on part en chantonnant le morceau final bissé, Belle nuit, ô nuit d’amour d’Offenbach. Douceur du soir, délices d’été à retrouver l’an prochain !

MARYVONNE COLOMBANI
Août 2018

Les Musicales de La Font de Mai
Concert donné le 31 juillet, La Font de Mai, Aubagne

Photographie : La Font de Mai 31 juillet 2018 © MC