Le mois du chrysanthème sur le Parvis de l'Opéra

Au-delà des confidences…Vu par Zibeline

Une fois n’est pas coutume : le spectacle commence en musique avant le retentissement de la première sirène. Valse N°2 de Chostakovitch. Des couples vêtus de blanc évoluent, lentement, les yeux dans les yeux, entre les rectangles réguliers de gazon. Instants de plaisir suspendus. Soudain retentit la sirène, les corps se séparent brutalement dans un dernier cri, et vont s’allonger chacun sur un rectangle engazonné et fleuri. L’image est forte. Le public circule entre les tombes, plus près des confidences. Car ça parle. Ça raconte les derniers instants de vie, les dernières frustrations, les derniers espoirs. Seuls les yeux sont vivants et regardent ceux qui écoutent. Les textes ont été adaptés de Douleur exquiseSophie Calle raconte la douleur de la perte ; on songe à sa très belle exposition Rachel, Monique autour de la mort de sa mère (voir Zib 54). On voudrait tous les écouter, mais on n’a le temps de saisir que trois ou quatre de ces petits récits qui évoquent suicides, tromperies ou accidents… Car la deuxième sirène sonne comme une résurrection : tous se lèvent en bloc, spectres tristes. Alexandra Tobelaim signe là une création intense qu’on souhaiterait plus longue. La scénographie d’Olivier Thomas est superbe dans sa sobriété. Les élèves comédiens de l’ERAC ont, entre autres, participé à cette miniature qui souligne une fois de plus le talent d’Alexandra Tobelaim.

CHRIS BOURGUE

Novembre 2012

 

Le mois du chrysanthème s’est donné le 7 novembre, Parvis de l’Opéra, dans le cadre de Sirène et midi net de Lieux Publics