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Lescop puis Sébastien Tellier, cold wave et pop du futur à Six-Fours

Atypiques singuliers

 Lescop puis Sébastien Tellier, cold wave et pop du futur à Six-Fours - Zibeline

Proposer au public une programmation hors sentiers battus est une entreprise risquée surtout lorsque les deux têtes d’affiche de la soirée se nomment Lescop puis Sébastien Tellier. En première partie de concert, atmosphère sombre de rigueur pour le quatuor de Lescop ressuscitant une cold wave que certains croyaient à jamais disparue. Le pari est osé mais tient ses promesses sur le plan musical à l’exception de la voix, envoutante sur disque par sa froideur mais mal sonorisée en live. Arrive ensuite le moment tant attendu par les afficionados, propulsant sur scène le provocateur patenté et atypique Sébastien Tellier, à mi-chemin entre Dada et Gainsbourg. Dans un show parfaitement calibré mais sans doute très décalé, où se mélangent les titres de ses différents albums, il n’est pas rare de trouver des spectateurs pour railler l’excès de verbiage déjanté mais qu’importe, lorsque la musique prend sa place, la magie est là. Laissant de côté les frasques du personnage, les fans se précipitent alors sur scène pour un cochon-ville endiablé, réclament L’amour et la violence, plongent dans le rêve bleu de My Poseidon et s’émeuvent au son de La ritournelle. Excellent poly-instrumentiste et de surcroît parfaitement entouré, le démiurge promoteur du Dieu Bleu donne à son tour de chant des allures cosmiques grâce à un magnifique jeu de lumières, et offre un univers musical où se côtoient des claviers vintage et une batterie électronique dans un style électro pop kaléidoscopique reconnaissable entre tous. Là est probablement la clé de ce succès : on ne se fait pas un nom qu’avec des paroles et malgré sa posture estampillée dérangeante, l’artiste mérite bel et bien sa place de créateur singulier et iconoclaste de la pop du futur.

EMILIEN MOREAU
Mars 2013

Le 22 mars à Six-Fours