L’Art, l’argent et la mondialisation, sous la direction de Nathalie Moureau et Jean-Noël Bret, aux éditions L'Harmattan

Art, argent, mondialisationLu par Zibeline

• 21 octobre 2013 •
L’Art, l’argent et la mondialisation, sous la direction de Nathalie Moureau et Jean-Noël Bret, aux éditions L'Harmattan - Zibeline

Quand la crise se déclarait en 2008 et infectait les sociétés à l’échelle de la mondialisation, pendant que le marché international de l’art contemporain continuait -jusqu’à aujourd’hui- de flirter avec les résultats insolents de l’industrie du luxe, en 2009, à Marseille, un colloque tentait d’en détricoter les tenants et aboutissants pour le domaine de l’art et la culture. Cinquième volet du cycle «L’histoire de l’art en question(s)», L’art, l’argent et la mondialisation sous la direction de l’économiste Nathalie Moureau et l’historien de l’art Jean-Noël Bret, restitue les différentes participations et réflexions amenées par ces rencontres1. Des économistes, sociologues, philosophes, un critique d’art et un artiste tracent les linéaments complexes du phénomène. Galeries, foires, biennales, rôle des institutions publiques d’état et européennes, commissaires, historiens, collectionneurs (grands), critiques, comment par divers canaux chacun participe à la consécration de certains artistes, valorisent les collections (grandes) privées et leurs propriétaires comme autant de valeurs, infléchissant aussi la gouvernance des établissements culturels et patrimoniaux (l’exemple de la Rmn/Réunion des musées nationaux selon Guillaume Montsaingeon) vers une conception managériale propre aux grands domaines industriels et financiers, l’artiste devenant un véritable entrepreneur porté aux nues de la réussite. La photographie a réussi l’épreuve du marché note Dominique Sagot-Duvauroux. Le cas de la Chine pour Alain Quemin incite à «reconsidérer les théories sur la globalisation culturelle». Pour l’artiste Raoul Marek la culture mondialisée «repose […] sur la variété des cultures et la qualité des échanges». Cependant Nathalie Heinich rappelle que derrière la crise financière subsiste une crise des valeurs (immatérielles). «Les artistes sont-ils encore susceptibles de créer indépendamment du système économique ?» s’interroge Marine Crubilé.
Un bouquin indispensable, sobre, mais foisonnant jusqu’aux notes de bas de page.

CLAUDE LORIN

Octobre 2013

L’Art, l’argent et la mondialisation
L’Harmattan, 20 €

Pour ne rien perdre, Nathalie Moureau donnera une conférence sur le sujet le 21 octobre à 18h, à l’Espace Leclere, Marseille (www.leclere-mdv.com)

1 organisées par les associations A.C.C. (art, culture et connaissance) et l’AEPHAE (association euroméditerranéenne pour l’histoire de l’art et l’esthétique), les 29 et 30 octobre  2009, Bibliothèque municipale à vocation régionale de Marseille