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Le Festival de Salon programmait une journée Gabriel Fauré à l'Abbaye de Sainte-Croix

Après un rêve…

Le Festival de Salon programmait une journée Gabriel Fauré à l'Abbaye de Sainte-Croix - Zibeline

A Salon, chaque été, au début du mois d’août, les festivaliers se donnent rendez-vous dans la cité de Nostradamus pour assister à l’un des plus fameux festivals de musique de chambre. Et pour cause, il est animé, depuis l’origine (1993), par un trio de musiciens dont les noms, à eux seuls, garantissent l’excellence : le flûtiste Emmanuel Pahud, le clarinettiste Paul Meyer et le pianiste Eric Le Sage ! Ces trois-là réunissent autour d’eux le fleuron des musiciens chambristes en France et au-delà… soit une cinquantaine d’artistes (Roger Muraro, Béatrice Rana, François Salque, Frank Braley, Thibaud Cauvin, Lise Berthaud, Raphaël Perraud, Daishin Kashimoto, le Quatuor Arod…). Chaque soir, dans la cour du château de l’Emperi surplombant la ville, les grands concerts ont lieu et ravissent le public. Un peu avant, en fin d’après-midi, c’est à l’église Saint-Michel, en contrebas qu’on écoute des récitals de solistes. Et depuis l’an dernier, on grimpe à l’Abbaye de Sainte-Croix, pour entendre dans une intimité absolue (une jauge d’à peine 120 places) les meilleurs solistes du monde. Le panorama sur la vallée salonaise, comme le déjeuner proposé par le restaurant sur place valent à eux seuls le détour !
Bref, le 4 août, l’équipe du festival y proposait une journée exceptionnelle autour du compositeur Gabriel Fauré. Trois concerts, de midi à 18h, se sont emboîtés et ont tracé une belle perspective de l’évolution stylistique de l’un de nos plus grands musiciens français.

Photo Salon 1

C’est Eric Le Sage qui a fait office de fil rouge, au piano, avec une série de magnifiques Nocturnes joués dans une démarche chronologique, de concert en concert, au fil de la journée… Homme orchestre, il a soutenu Emmanuel Pahud, flamboyant dans la Sonate n°1, a en faire (presque) oublier le violon originel pour lequel elle fut conçue, comme Claudio Bohórquez dans la célèbre Élégie et son célèbre chant plaintif dont les graves ont fait vibrer l’auditoire. Plus tard, c’est avec Pierre Fouchenneret, superbe violoniste au jeu sensible, qu’il s’est produit dans la Sonate n°2, puis dans le Trio opus 120, avec le clarinettiste Paul Meyer et le violoncelliste Zvi Plesser : magistral !

Quelle chance, enfin, d’avoir pu entendre l’une de nos plus grandes chanteuses lyriques dans des Mélodies ! La prestation de Karine Deshayes, un peu comme au salon, murmurant aux oreilles d’un auditoire magnétisé, La Chanson d’Eve, Les Berceaux, Clair de lune, Soir, Après un rêve… tout en retenue, et laissant au moment opportun son ample mezzo-soprano emplir le volume de la petite chapelle, restera un moment inoubliable !
JACQUES FRESCHEL
Août 2017
https://festival-salon.fr
Photos © Zibeline