Fotokino se penche sur la littérature jeunesse dans le monde arabe

Apprendre la vieLu par Zibeline

Fotokino se penche sur la littérature jeunesse dans le monde arabe - Zibeline

La bibliothèque de l’Alcazar accueillait le 24 janvier une rencontre intitulée Le livre et l’enfant, regards sur 40 ans de littérature jeunesse dans le monde arabe. Autour de Mathilde Chèvre (éditrice du Port à Jauni, maison d’édition bilingue), deux auteurs : Samah Idriss (Beyrouth) et Walid Taher (Le Caire). La responsable de l’Île aux livres à la BMVR Anne-Marie Faure le déplore : «dans les bibliothèques, on méconnaît la littérature arabe, on se rabat sur des traductions», faute de diffuseurs comme l’Oiseau Indigo, capable de donner à voir sa diversité.

Pourtant, se pencher sur son évolution donne à réfléchir. À la fin des années 60, on lisait aux enfants arabes des récits de guerre, dans lesquels le héros miniature triomphait de l’ennemi par la ruse. Comme partout dans le monde, la jeunesse n’était considérée que comme «une argile à façonner idéologiquement».

En France selon les périodes, on trouvait bien dans les manuels scolaires des problèmes d’arithmétique comptant les «boches», ou les «dépenses inutiles» des ouvriers, sans même parler des fillettes promises à un avenir matrimonial exclusif peuplant les publications pour enfants. Aujourd’hui, on subit des collections roses pour les filles et bleues pour les garçons, proposant un cliché comme référence universelle !

De la différence très politique entre éducation et formatage… Plutôt que d’influencer ces petits pour en faire de futurs adultes normés, ne pourrait-on leur suggérer des ouvrages qui développent l’esprit critique et leur permettront de prendre des décisions éclairées ? Samah Idriss en témoigne : «Au Liban, l’école considère mon travail comme impur car il mélange la langue littéraire et le dialecte. Pourtant, mes livres sont les plus vendus dans le pays, offerts aux enfants par une partie de la population plus ouverte.» Son expérience le démontre : les choix de chacun comptent, en matière d’intelligence collective.

GAËLLE CLOAREC
Janvier 2013

À venir :

Pour fêter ses 10 ans, Laterna Magica déploie sa programmation consacrée aux arts de l’image toute l’année 2013. Jusqu’au 17 fév, le studio Fotokino accueille une bibliothèque éphémère d’ouvrages jeunesse issus du monde arabe. Chaque 1er samedi du mois de mars à décembre, un «temps festif» ouvrira d’autres expositions, cartes blanches à un artiste avec ateliers à la clé. Sans compter les surprises hors-les-murs, à la Criée, au Waaw, au Lièvre de Mars ou au J1.

Marseille

09 81 65 26 44

http://fotokino.org/

Bibliothèque de l’Alcazar
14 Cours Belsunce
13001 Marseille
04 91 55 90 00
http://www.bmvr.marseille.fr/