9 courts-métrages qui remontent les filières de l'immigration clandestine

Antoine d’Agata, Odyssée

9 courts-métrages qui remontent les filières de l'immigration clandestine - Zibeline

L’odyssée d’Antoine d’Agata n’est pas uniquement la sienne, mais celle de 9 migrants qui veulent tenter leur chance dans cette Europe tant convoitée, 9 migrants qui espèrent franchir clandestinement les portes de l’Europe, aux confins de l’espace Schengen. Ils viennent de Tanger et de la côte ouest de l’Afrique, d’Algérie, de Turquie, d’Albanie, de Roumanie ou d’Afghanistan… Sur la route par intermittence depuis mai 2011, le photographe, à chaque voyage, remonte les filières, rencontre les passeurs, entre dans le quotidien des hommes et des femmes qui ont tout quitté. Et à chaque fois il partage avec eux le chemin de l’aller, celui qui les mènera jusqu’à l’île de Lampedusa ou ailleurs. Car Antoine d’Agata connaît l’existence des centres de rétention administratifs aux frontières de l’Est et du Sud, il sait le terrible accroissement de leur population (26 CRA en France métropolitaine ont vu défiler 33600 personnes en 2010, soit plus du double de 1999)… L’immigration, la clandestinité sont des thèmes qui traversent son œuvre, au point qu’il ancre son propre quotidien «dans le vif de la réalité des itinéraires», qu’il expérimente ces situations critiques, se confronte à cette réalité sociale et économique qui conduit à l’exil des milliers de personnes chaque année. Il a besoin d’éprouver en son corps les expériences humaines et artistiques.

Le temps de cette errance volontaire, Antoine d’Agata écrit comme un reporter, avec son appareil photo et, pour la première fois, une caméra vidéo. Comme une énième mise en danger de son travail et de lui-même. Son projet devrait aboutir à la réalisation de 9 courts-métrages de 5 minutes et 9 séries d’images photographiques dont l’ambition est de documenter «neuf fragments d’itinéraires, neuf odyssées contemporaines». Les lieux captés seront volontairement non identifiables : installations portuaires, aires d’autoroute, cales de bateau, routes, foyers, centres de rétention, camions…

Deux lieux de résidence lui permettent de couvrir ce vaste territoire : Marseille pour le Sud et Kosice pour l’Est, Kosice étant également capitale européenne en 2013.

 

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

Mai 2012

 

 

Repères

Photographe associé de l’Agence Magnum Photos, Antoine d’Agata, né à Marseille, est l’auteur d’une œuvre radicale, inclassable. Depuis les années 90 il alterne expositions, enseignement, ateliers photographiques, commissariat d’expositions, jurys… En 2009, à l’occasion de la parution chez Actes sud/Atelier de Visu de son ouvrage Agonie (texte de Rafael Garrido), l’éditeur arlésien écrivait : «Antoine d’Agata a depuis longtemps perverti les codes de l’acte photographique et vise peut-être à les abolir aux risques et périls d’une vie mise en jeu».

 

Résidence

De mai 2011 à mai 2012

 

Coproduction

Bibliothèque et Archives départementales de Marseille, MP 2013, MuCEM

 

Production déléguée

Atelier de Visu

 

Programmation 2013

Exposition diptyque au MuCEM et aux Archives départementales