Vu par Zibeline

Exposition à Montpellier des photographies prises par le guitariste du groupe The Police

Andy Summers trop policé ?

• 6 février 2019⇒14 avril 2019 •
Exposition à Montpellier des photographies prises par le guitariste du groupe The Police  - Zibeline

« Moi aussi, je voulais faire partie de ce monde. » Un après-midi à Manhattan de 1979, à bientôt 40 ans, Andy Summers se découvre une nouvelle passion. Observant les photographes, des « filles douées et sophistiquées, tout en cuir noir », le mitrailler, lui et ses deux complices du groupe bientôt mondialement connu The Police, le guitariste sent poindre une envie nouvelle. Concomitamment à l’explosion d’images produites autour de la fabuleuse ascension de Police, Andy Summers s’achète un Nikon FE et retourne l’objectif vers ce qui le regarde. Il s’offre une double vie. Après les concerts, dès son retour dans les suites luxueuses des hôtels, il ressort, il attrape tout ce qui pourra l’aider à affiner son fort désir de faire des images. Il n’a pas d’idée préconçue de ce qu’il cherche. Il veut raviver cette émotion qu’il éprouvait, quand, jeune adolescent anglais, il assistait aux projections du cinéma Continental, où il découvrait Les Quatre Cents Coups, Les Vitelloni… On sent cette nostalgie dans la plupart des photographies en noir et blanc présentées au Pavillon Populaire. Même si l’exposition couvre presque 40 ans de carrière, il y a un ton qui persiste, la quête de quelque chose à retrouver, un souvenir, un rêve enfui. Dès les débuts, pendant la folie entretenue par l’argent et les groupies, Summers cherche au détour d’un couloir ou d’un lit ce qui pourrait lui donner la clé d’un univers à la fois plus impalpable (touche surréaliste, flous, esthétique du surgissement) et protecteur : l’atmosphère est cotonneuse, un peu inquiète, et pour tout dire on aimerait pouvoir monter le son. Le choix de présenter les clichés sans chronologie ni thématique affichée (les associations se font aisément, entre deux chevelures, deux paires de jambes qui ploient, la pluie, le brouillard sur la ville) aplanit un propos qui aurait gagné à s’affirmer dans des partis pris plus affichés. Ralph Gibson, ami et inspirateur (il lui conseillera de passer au Leica), n’est pas loin, Cartier-Bresson et Brassaï veillent, mais on peine à capter la petite musique intérieure de Summers.

ANNA ZISMAN
Mars 2019

 

Un certaine étrangeté, photographies 1979-2018

jusqu’au 14 avril

Pavillon populaire, Montpellier

04 67 66 13 46 montpellier.fr/pavillon-populaire 

Photo: Beijing China – août 2012 © Andy Summers


Pavillon Populaire
Esplanade Charles de Gaulle
34000 Montpellier
04 67 66 13 46
montpellier.fr/506-les-expos-du-pavillon-populaire.htm