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Retour sur la 16e Biennale des Jeunes Créateurs d'Europe et de la Méditerranée à voir au Château de Servières jusqu'au 3 mai

Ancône, encore !

• 19 mars 2014⇒3 mai 2014 •
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Retour sur la 16e Biennale des Jeunes Créateurs d'Europe et de la Méditerranée à voir au Château de Servières jusqu'au 3 mai - Zibeline

Dernière étape à Marseille pour la Biennale des Jeunes Créateurs d’Europe et de la Méditerranée (voir ici Zib’64 et ici Zib’ 72). Retour et réinventions de la sélection française section arts visuels à l’Espace Culture et à la galerie du Château de Servières.

Quand sur le sol transalpin les artistes bénéficiaient en 2013 de la thématique bienveillante Errors allowed [les erreurs admises], la sélection française pour ce retour 2014 était affranchie de toute contrainte. Pour la galerie du Château de Servières, chaque artiste a pu reformuler ou élaborer une nouvelle proposition dans la suite italienne ou bien conçue dans la prolongation de ses problématiques en cours. Reprenant un tirage à la chlorophylle évanescente, Aurélien David interroge sous lumière verte la problématique de la durabilité en art contemporain et rejoint ainsi la photographie à ses balbutiements. Questions plus sociétales pour Julie Balsaux sur les rapports genre/identité/apparence et Léna Durr qui pointe l’instrumentalisation de l’enfance via le trivial calendrier pour adultes. Portrait et identité sont en jeu avec Le garçon d’Arthur Sirignano, installation «pauvre» et sculpturale. Sculpturale, monumentale et paradoxale la fusée/babel en briques empilées à sec, bloquée entre sol et plafond chez Martin Lewden. L’image en mouvement relève de l’absurde en saynètes pour Irène Tardif (dessin animé) comme pour Kathialyn Borissoff (auto-performances un poil déraisonnables). Trois installations explorent matière et espace : Jane Antoniotti, Emilie Lasmartres réinventent des topographies hypothétiques ; Elvia Teotski déploie des écharpes de cierges magiques soudés entre eux ; et de cette simplicité, frêle et épineuse comme des oursins, émane une poétique et troublante contamination quasi organique. Les commissaires avaient invité par ailleurs à l’Espace Culture l’artiste libanais Charbel Samuel Aoun. Voice of invisibles, vu et écouté à Ancône, restituait, non sans émotion, via un dispositif composé d’appareils téléphoniques obsolètes, la parole des laissés pour compte au Liban et en Syrie. Choix pertinent car universel, résonnant étonnamment à Marseille.

CLAUDE LORIN
Avril 2014

Retour de Biennale Mediterranea 16
jusqu’au 3 mai
Galerie Château de Servières, Marseille
04 91 85 42 78
www.bjcem.net
www.espaceculture.net

Photo : A. Sirignano/Le garçon, J.Balsaux/Ecologie humaine, M. Lewden/W.A.S.E.#1, vue partielle de l’exposition © C. Lorin/Zibeline