Amorevolución, l'album "syrien" de Catherine Vincent

Amorevolución

Amorevolución, l'album

Catherine Vincent a voulu dire en chansons combien il croit autant en l’amour qu’en la révolution. Particulièrement dans les aspirations révolutionnaires en Syrie, pays cher à leur cœur car celui de leur installation en 2000. Amorevolución rassemble plusieurs chansons écrites au regard des événements syriens. Le duo vivant actuellement à Marseille rend ici hommage à la dignité et au courage d’un peuple qui doit résister à la fois au régime filial de deux dictateurs successifs, à la montée du radicalisme islamiste et aux interventions guerrières de puissances étrangères. On peut regretter d’ailleurs que le duo ne semble s’émouvoir de l’ingérence russe uniquement, moquée dans le morceau Katyusha, mais c’est un autre sujet.

Interprété en français, en espagnol, en arabe et plus anecdotiquement en anglais, Amorevolución est un album politique qui choisit l’éclectisme pour ligne musicale, au service de textes parfois chantés, parfois parlés. Ici une balade rock psychédélique, là une rengaine folk, quelques touches électro ici et là, les repères musicaux restent relativement « occidentaux » en dépit de la nature du sujet. Mashi el hal ya mama, reprise en arabe du premier succès d’Elvis Presley, That’s all right mama, imagine une Syrie débarrassée de son dictateur. Autre adaptation en langue arabe, le morceau brésilien Samba em preludio de Baden Powell et Vinicius De Moraes devient Wala shi. Min entou et Compressé, les deux morceaux qui concluent le disque, sont des chansons en forme de témoignages. L’une rappelant l’espoir démocratique suscité par les Printemps arabes, l’autre revenant sur les conditions d’incarcération de Mohamad Al Rashi, musicien syrien rencontré à Damas dans les années 90 et retrouvé à Marseille où il vit aujourd’hui en exil.

LUDOVIC TOMAS
Mars 2020

Visuel © Vicky Silva Eduardo Mena

Amorevolución
Catherine Vincent, sorti en octobre 2019