Vu par Zibeline

Le dernier coup de marteau d'Alix Delaporte vu en avant-première au cinéma les Variétés, en présence de l'équipe

Allegro moderato

• 20 février 2015 •
Le dernier coup de marteau d'Alix Delaporte vu en avant-première au cinéma les Variétés, en présence de l'équipe - Zibeline

Le dernier coup de marteau est le titre intrigant du film que la réalisatrice Alix Delaporte est venue présenter, en avant-première, aux Variétés le 20 février, pour une séance suivie d’un débat en partenariat avec les Rencontres Films Femmes Méditerranée. Elle était accompagnée de sa productrice, Hélène Cases,  et de son jeune acteur Romain Paul, incarnant Victor qui vit avec sa mère Nadia (Clotilde Hesme) dans des constructions précaires en bord de Méditerranée – on aura reconnu le charme âpre de Beauduc. Le mal ronge Nadia qu’on sent prête à baisser les bras, tandis qu’en tournée, Samuel (Grégory Gadebois), le père de Victor, qui ne le connaissait pas, répète la 6ème Symphonie de Mahler dans l’auditorium de la ville voisine – on aura reconnu le Corum de Montpellier. Dès lors pour cet adolescent se dessine un va-et-vient entre les espaces ouverts, ventés, peuplés de cerfs-volants et la salle de répétition dont il force l’entrée, entre la réussite pleine d’exigences du football où il excelle et le continent inconnu de la musique, entre une nature sauvage, quasi édénique et un monde clos où la culture peut conjurer le sort : dans la 6ème de Mahler, « tragique », trois coups de marteau, évoquent trois coups du sort subis par le musicien, qui a décidé in fine de n’en jouer que deux, comme pour chasser le troisième arrêt du destin. La musique devient un langage entre le père et le fils, un moyen pour eux de partager une sensibilité. L’écueil du naturalisme est transcendé ici par la sobriété des dialogues au profit de la justesse des gestes et des regards, par un recours constant à l’ellipse au moment où tout pourrait (mal) basculer. Alix Delaporte a su tirer le meilleur du physique de ses comédiens, de ces corps si dissemblables et si contradictoires : massivité émouvante de Grégory Gadebois, fragilité combative de Clotilde Hesme. Quant à Romain Paul, il a la gracilité, la puissance et la gravité d’un jeune taureau dans l’arène. Ce n’est pas pour rien qu’il s’est vu attribuer le prix Marcello Mastroianni du jeune acteur au festival de Venise 2014.

ANDRÉ GILLES
Février 2015

Ce deuxième long métrage-après Angèle et Tony- d’Alix Delaporte,  soutenu par la Région et distribué par Pyramide,  sort en salle le 11 mars.

Ecouter l’interview d’Alix Delaporte sur WRZ ici

Photo: Lionceau Films


Cinéma Les Variétés
37 rue Vincent Scotto
13001 Marseille
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