Vu par Zibeline

Deux concerts comblent gradins et public au parc du Château de Florans à La Roque d’Anthéron !

Affiches royales

• 27 juillet 2014, 1 août 2014 •
Deux concerts comblent gradins et public au parc du Château de Florans à La Roque d’Anthéron ! - Zibeline

La tribune (2000 sièges) a fait le plein les 27 juillet et 1er août au Festival de la Roque d’Anthéron.  Il faut dire que les affichent étaient alléchantes. Imaginez : le trio russe Vadim Repin (violon), Alexander Kniazev (violoncelle) et Nikolaï Lugansky (piano) dans le Triple concerto de Beethoven et, quelques jours après, Renaud Capuçon (violon) et Nicholas Angelich (piano) dans les trois Sonates de Brahms dédiées à leur instrument !

Le public ne s’est pas trompé tant les concerts ont été somptueux.

C’est l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo qui débute avec Debussy. La baguette de Kazuki Yamada dessine, à l’image de traits perlés et suspendus d’une estampe d’Hokusai, les tableaux sonores du Prélude à l’après midi d’un faune et de La Mer, vaste partition retenant au possible sa lumineuse déferlante…

L’entracte passé, trois monstres sacrés prennent le devant de l’orchestre : Repin affiche une sérénité mâtinée d’un léger détachement, Lugansky une élégance de tsar et Kniazev son hypersensibilité expressive. Leur Beethoven est à la fois noble et virtuose. Une belle entente dans le trio permet au violoncelle de trouver toute sa place, souvent prépondérante, dans un équilibre symphonique millimétré.

Angelich Capuçon © C. GremiotAutre format quelques jours après : on est au sommet de la musique de chambre chez Brahms ! Capuçon marque les esprits de sa classe naturelle : il possède un son pur, compact et formidablement projeté. Et la vibration de ses cordes se moule à souhait dans la beauté plastique, ronde et puissante, du piano d’Angelich. L’intégrale des Sonates pour violon et piano de Brahms tient, sur le plan chronologique, en une dizaine d’années (1878-1888). Le musicien, autour de la cinquantaine, est au faîte de son écriture : classique libéré des formes, il pare ses opus d’un souffle mélancolique, une flamme sereine qui ne tombe jamais dans le pathos. Génie des transitions, comme chez un peintre gommant les contours, il coule sa musique dans une unité de construction qui masque ses ficelles. Jamais peut-être la figure du « Compositeur » classique n’a trouvé un tel aboutissement historique.

C’est dans la dernière des trois Sonates (op.108) qu’on atteint un pic émotionnel. Alors que l’orage menace, Capuçon, comme poussé par une espèce d’urgence climatique, lâche prise… On retient son souffle à chaque phrase du merveilleux adagio… et l’on se fait embarquer, au Presto agitato final, lorsque les artistes laissent éclater leur puissance virtuose.

JACQUES FRESCHEL
Août 2014

Festival de La Roque d’Anthéron jusqu’au 17 août

04 42 50 51 15

www.festival-piano.com

Photos :

Repin, Kniazev & Lugansky © F. Burger

Angelich & Capuçon © C. Gremiot


Abbaye de Silvacane
Route Départementale 561
13640 La Roque-d’Anthéron
04 42 50 41 69
http://www.abbaye-silvacane.com/