Mohamed Amin Benamraoui a présenté au Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt son premier long métrage, Adios Carmen

AdiosVu par Zibeline

• 10 novembre 2014 •
Mohamed Amin Benamraoui a présenté au Festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt  son premier long métrage, Adios Carmen - Zibeline

Un enfant ramasse des morceaux de pellicule dans un terrain vague, trouve un chiot égaré et le rapporte à la chienne. Puis, lorsqu’il essaye de jouer avec les autres, se fait rejeter… on est dans le Rif des années 1975 et le garçon, c’est Amar que sa mère, veuve, remariée de force, parce qu’elle doit suivre son mari en Belgique, laisse à son frère, un homme alcoolique et dur. Solitude et violence sont le quotidien d’Amar jusqu’à sa rencontre avec Carmen, une réfugiée espagnole, fille d’un républicain exilé. Elle travaille avec son frère, projectionniste dans le cinéma du village où les hommes s’émeuvent devant les films Bollywood et chantent en chœur Janitou. Grâce à elle, Amar va pouvoir connaître le cinéma, la tendresse et l’amitié sur fond de tensions politiques entre le Maroc et l’Espagne que Mohamed Amin Benamraoui évoque à travers les Actualités Marocaines et par les conversations agressives dans les cafés : le 6 novembre 1975, c’est le début de la Marche Verte que lance Hassan II, qui veut intégrer le Sahara espagnol au Maroc. Le 20, c’est la mort de Franco et le signal de retour pour les exilés. Car vous l’aurez compris au titre, Adios Carmen est un film de départs : celui de la mère, de Carmen, puis d’Amar lui-même qui laisse Saïd, son premier ami, à son triste sort. Un film où cohabitent violence et tendresse.

Mohamed Amin Benamraoui, venu de Bruxelles où il vit, a pu parler avec un  public très nombreux le 10 novembre au Cinémovida d’Apt, de son premier long métrage. Un film attachant, tourné en langue berbère, inspiré par sa propre histoire vue à hauteur d’enfant, dédié à sa mère et à Carmen – car Carmen a réellement existé- et présenté à Africapt en partenariat avec Les Rencontres d’Averroès. Une belle soirée.

ANNIE GAVA
Novembre 2014

Crédit photo : Taziri Production