Vu par Zibeline

Robert Schumann interprété avec talent par le jeune Adam Laloum à La Criée

Adam Laloum. Schumann dans l’âme

Robert Schumann interprété avec talent par le jeune Adam Laloum à La Criée - Zibeline


En partenariat avec le Festival international de piano de la Roque d’Anthéron, le théâtre de la Criée a eu l’excellente initiative d’inviter le jeune et talentueux pianiste Adam Laloum dans un programme entièrement consacré à Robert Schumann : La Grande Humoresque opus 20 en sib majeur, les Phantasiestücke opus 111 et la Sonate N°1 en fa # mineur. Le pianiste, formé au Conservatoire de Toulouse, a intégré le CNSMD de Paris, puis obtenu le prestigieux Concours Clara Haskil en 2009 (à 22 ans !). Une variété d’expression, toucher délicat puis fougueux, le son dans toutes ces composantes, brillant sans démonstration gratuite ou récit épuré. Tous les modes de jeux, nuances, traits techniques, sont maîtrisés avec aisance, de l’introduction de la Sonate (Un poco adagio), sorte de Barcarolle, planante, clavier à peine effleuré, au Final brillant de La Grande Humoresque (Zum Beschluß).

Entrer dans l’œuvre de Schumann, c’est entrer dans un monde où les évènements intérieurs, extérieurs sont étroitement liés à l’art compositionnel. Epris de poésie, de littérature, de philosophie, de peinture, Schumann délivre une œuvre qui résume les contradictions de son siècle et ses propres contradictions. «Je suis pauvre et riche, abattu et vigoureux, las de la vie et plein d’ardeur» (Journal). Sur des moules classiques, un kaléidoscope de fulgurances, d’ingéniosité harmoniques et mélodiques. Angoissé, dépressif, pris de phobies, amoureux fou de Clara, sombrant dans la folie: l’artiste romantique par excellence. Adam Laloum explore les trois pièces comme une réflexion sur soi même : il transpose sa vision passionnée et fragile du monde, comme Schumann le faisait. Quand le compositeur écrit Humoresque, dans un accès de fièvre, de nonchalance morbide, Laloum est ce double aussi, inventé par Schumann : rêveur et mélancolique (Eusébius), puis impétueux et passionné (Florestan). Le pianiste transpire cette dualité avec une rare maturité.

YVES BERGÉ

le 9 avril

Théâtre de La Criée, Marseille,

 


La Criée
30 Quai Rive Neuve
13007 Marseille
04 91 54 70 54
http://www.theatre-lacriee.com/