Energie, émotion, fascination... la danse du côté d'Actoral. Vivement 2016 !

Actoral performe et danse aussi…Vu par Zibeline

Energie, émotion, fascination... la danse du côté d'Actoral. Vivement 2016 ! - Zibeline

Dans le cadre de la 15è édition du Festival et au BNM, Jan Martens, jeune chorégraphe et danseur belge, a montré son Ode to the attempt (a solo for meself). Il propose à partir de son ordinateur dont l’écran est projeté une série de sujets sur le quotidien, le visage impassible, tout à son amour immodéré pour le saut, les figures caricaturales (bras levés en cercle comme un danseur classique), provocantes (il baisse son slip)… Le tout avec une énergie époustouflante dont il ne sort même pas essoufflé !

Puis c’est à un corps à corps sensuel, sauvage et doux à la fois que se livrent deux danseurs (Kimmy Ligtvoet et Steven Michel) dans Sweat Baby Sweat sur une chorégraphie du même Jan Martens. Leurs corps glissent l’un sur l’autre avec le naturel de deux serpents. Aucun heurt, aucune hésitation, aucun tremblement perceptibles. Du grand art, tout au ralenti, peau contre peau bouche à bouche. «As long as you are here I am also», une chanson à la fin crée une ambiance fleur bleue sur fond de guitare, mais l’émotion reste ancrée.

Pour rester dans le registre de la fascination, deux performances pour trois femmes qui jouent sur le brouillage des genres et réclament une attention aiguë sans offrir au regard de prise solide : sur le petit plateau de la Friche encombré de tas de bois, Antonija Livingstone et Simone Aughterlony avec une virtuosité androgyne tranchent, taillent, martèlent, abattent leurs petites haches, découpent leur silhouette de trappeurs adolescents dans le rose fluo Supernatural qui baigne la scène ; les cordes entrent dans le jeu, érotisent le frottement, embrasent méthodiquement les sens sinon le sens ; Hahn Rowe dans la grande «tradition» improvise ses grincements et éparpille ses sons métalliques jusqu’à épuisement d’on ne sait trop quoi… Ce presque rien à voir ou à dire dont la polonaise Olga Maciejewska va relever le défi au milieu d’un encombrement de plaques (Tekton) de carton, dans un hallucinant costume de bibendum masculin aux parties génitales bien visibles : images brandies puis escamotées, mouvement perpétuel sans cesse défait, fumées éparses troublent la perception et laissent la curiosité parfaitement insatisfaite ! Il va falloir remettre l’ouvrage sur le métier… vivement Actoral 16 !!

CHRIS BOURGUE & MARIE-JO DHÔ
Octobre 2015

Photo : Supernatural © Jorge León