Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

L'Orchestre Philharmonique de Marseille : Lawrence Foster Alexandra Conunova en concert au Pharo

Accents Tziganes

Vérifier les jours off sur la période
L'Orchestre Philharmonique de Marseille : Lawrence Foster Alexandra Conunova en concert au Pharo - Zibeline

Audacieux et exigeant, le programme concocté par Lawrence Foster a fait particulièrement briller l’Orchestre Philharmonique de Marseille et ses musiciens invités.

Dès l’ouverture, le concert se révèle marqué par les racines slaves de la musique. Les Danses Hongroises de Brahms sont une belle entrée en matière : les numéros choisis ne sont pas les plus connus, et leur étrangeté est bienvenue. Déjà, l’intonation tzigane des cordes et le phrasé serpentin des bois séduisent. Lawrence Foster dédie ensuite le bien plus familier « Air » de la Suite n°3 de Bach aux victimes des effondrements de la rue d’Aubagne, qu’il prend le temps de nommer, avant de lancer les cordes.

La violoniste Alexandra Conunova entre alors en scène, et le temps se suspend jusqu’à la conclusion du Concerto n°2 pour violon de Bartók. La pièce est fascinante, et les timbres miroitent au sein même de l’orchestre : les violons préfigurent le bourdonnement des cuivres, l’éther de la harpe donne le ton aux vents, le crépitement des percussions se propage dans tout l’orchestre. L’inspiration d’Alexandra Conunova se mêle à la douceur de ses attaques. Le son, ombrageux, vif, sait se faire pur dans les aigus, flou dans les chromatismes sans jamais rien céder de sa justesse ou de son grain. Le public applaudit à tout rompre et la soliste le gratifie de deux bis.

Au retour de l’entracte, le cymbaliste Cyril Dupuy présente, le temps d’un « pré-bis » impulsé par Lawrence Foster, son instrument à l’auditoire, très curieux, le temps de brèves variations sur un thème de Brahms, composées par sa sœur Flora Dupuy. La masse orchestrale se déploie ensuite sur Kodály. Sa Háry János Suite, adaptée de son singspiel homonyme, a le ton facétieux du conte et la malice de l’enfance. Elle sollicite l’orchestre sous des coutures inhabituelles, enrichie du son particulier du cymbalum. Son sens de l’ironie n’endigue ni l’émotion, ni l’enthousiasme : le concert se conclut sur ces notes brillantes.

SUZANNE CANESSA
Décembre 2018

Concert donné le 2 décembre à l’Auditorium du Pharo, Marseille

Le prochain concert de l’Orchestre Philharmonique de Marseille (Bach, Elgar et Schubert) aura lieu le 9 décembre à 15h à l’Auditorium du Pharo, Marseille

Photo : Alexandra Conunova -c- X-D.R