La nouvelle "fantaisie" de Robert Guédiguian, Au fil d’Ariane, vue en avant-première à l’Alhambra le 6 juin

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• 6 juin 2014 •
La nouvelle

Robert Guédiguian sera de retour sur nos écrans le 18 juin avec une «fantaisie» co-écrite avec Serge Valetti : Au fil d’Ariane, projetée en avant-première à l’Alhambra le 6 juin.
Ariane (Ascaride évidemment !) est celle qui, dans sa robe de fête, sur ses escarpins de princesse, suit dans un rêve, comme Alice au pays des merveilles, le premier venu, un jour d’anniversaire où elle se croit abandonnée de tous. De fil en aiguille, elle se glisse dans l’univers mythologique de Robert où elle retrouve J.P. Darroussin en chauffeur de taxi bougon puis en metteur en scène désespéré, Gérard Meylan en patron de restaurant au grand coeur, Jacques Boudet en faux écrivain américain s’appropriant de grands textes dont il se prétend l’auteur. Elle croise de jeunes gens amoureux (Adrien Jolivet et Lola Neymark), un ancien gardien du jardin zoologique fou (Youssouf Djaoro) et même une tortue qui parle avec la voix de Judith Magre, hommage cinéphilique au corbeau d’Uccellacci e uccellini de Pier Paolo Pasolini. Car de celle qui suit, Ariane devient celle qu’on suit. Dans la filmographie de son compagnon d’abord, traversant ces lieux, qui bien plus que des décors, appartiennent désormais au vocabulaire du réalisateur : Ponteau, l’autoroute du littoral, les ports, le Frioul. On se promène dans l’œuvre passée : A la vie à la mort, La ville est tranquille, Marie-Jo… Dans l’histoire du cinéma ensuite. Robert Guédiguian s’amuse ! Il s’offre le luxe d’une tempête digne de Poseidon et d’Hollywood, cite les cinéastes qu’il admire. Le bassin du Palais Longchamp se donne ainsi un air de fontaine de Trevi et le jeu volontairement clownesque d’Ariane fait un tendre clin d’œil à Giulietta. Les fils se croisent. Les savants et les populaires. Le resto l’Olympique, à la faveur de trois ampoules grillées à son enseigne, se métamorphose en Olympe. Les dieux grecs sont partout, incognito, parmi les hommes, l’hospitalité y est donc sacrée ! Les blagues de bistro côtoient la pensée de Lacan. Les chansons de Jean Ferrat, Verdi, Schubert et Mendelsshon. Le monde se refait par les textes, les images, la musique. Il faut oser filer la métaphore : au fil du temps, Ariane est celle que tous suivent dans sa soif de solidarité inextinguible et qui conduit hors du labyrinthe, loin du Minotaure.

ELISE PADOVANI
Juin 2014

Le film Au fil d’Ariane a été projeté en avant-première à l’Alhambra le 6 juin. Ecouter ici l’interview de Robert Guédiguian pour WRZ.

Photo : Au fil d’Ariane de Robert Guédiguian © Unifrance ciné

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