Mon nom est personne, une installation d'Alexandre Perigot à voir au Mucem jusqu'au 17 août

A l’artiste inconnuVu par Zibeline

• 29 juin 2020⇒17 août 2020 •
Mon nom est personne, une installation d'Alexandre Perigot à voir au Mucem jusqu'au 17 août - Zibeline

Jean-François Chougnet, directeur du Mucem, nous le disait dans l’entretien qu’il nous a accordé : Alexandre Perigot a accepté dans l’urgence de la pandémie de préparer une exposition « légère » à présenter dès la réouverture du musée, le 29 juin. Mon nom est personne, son installation, est le fruit d’un travail réalisé à partir d’œuvres anonymes, issues des collections de plusieurs établissements : outre celles du Mucem, on y trouve des peintures, photographies, dessins, objets d’artisanat ou de design du musée d’art de Nantes, du musée des Beaux-Arts de Rennes, de celui d’Ajaccio, ou encore du musée Rodin.

Uniquement des reproductions, en tout 1300, au même format, sans cartels, disposées à plat sur le sol dans une salle de 1200 m2. « Rideaux ouverts, précise l’artiste, car il n’y a pas avec ce procédé de problématique de conservation ». Le dispositif, déroutant mais accueillant, permet de déambuler en musique, car il est accompagné d’un film réalisé par Alexandre Perigot en 2017 à partir de partitions anonymes. Marie-Pierre Brébant au clavecin, Alma Perigot à la harpe, Xavier Boussiron à la guitare et percussion en interprètent les airs sur un écran géant.

Dans son « musée imaginaire de l’anonyme, qui ne pourra jamais être exhaustif », il a réuni par thèmes un panel de travaux singuliers. « Je voulais apporter un réponse forte à la question de la célébrité. Devant une œuvre anonyme, on ne peut pas se raccrocher au nom ». Certaines ont été réalisées par des « publics empêchés », comme on le dit pudiquement des prisonniers ou des personnes internées en hôpital psychiatrique. Mouchoirs décorés au feutre par des repris de justice mexicains, croquis et pages écrites par des psychotiques, elles tranchent violemment avec des peintures d’inspiration religieuse, tirant vers le kitsch, ou l’élégance du quotidien d’objets usuels, cuillère en bois, entonnoir, boule de Noël en verre soufflé…

L’ensemble invite au jeu, particulièrement si l’on est accompagné d’enfants. Choisir une des reproductions, argumenter sur ce choix, comparer, associer… Autant d’exercices pour aiguiser son œil sans l’interférence de la réputation, une vraie liberté.

GAËLLE CLOAREC
Juillet 2020

Mon nom est personne
jusqu’au 17 août

Mucem
Môle J4
13002 Marseille
04 84 35 13 13
mucem.org