Vu par Zibeline

A la recherche du son

 - Zibeline

Après ses Victoires de la Musique Classique et le très beau film de Bruno Monsaingeon sur les concertos de Bach avec l’orchestre de Brême, David Fray continue de jouer ses maîtres préférés : Bach, Mozart, Beethoven, Schubert, sans négliger la musique contemporaine (12 Notations pour piano de Boulez). D’une étrange beauté, il s’efface devant la musique. Sa posture est hiératique: les élans sont ailleurs, dans un jeu subtil qui détaille chaque note et respecte la ligne. Dans la Sonate en ré Majeur de Mozart : l’Allegro con spirito est d’un équilibre parfait ; l’Andantino con espressione, sans mièvrerie, avec des piani à arrêter le souffle… Le Rondo est brillant, avec des basses somptueuses.

On retrouve cette même beauté du son, mais presque romantique, dans la Fantaisie en ut mineur de Beethoven. Les Sonates N° 15 Pastorale et N°21 Waldstein permettent au pianiste de libérer une frénésie sans emphase, avec un Andante très schumannien dans la Pastorale, comme une marche inexorable. Les changements de sonorité sont spectaculaires dans l’Allegro con brio de la Waldstein. Dans l’Adagio molto : trois notes en mouvement ascendant suivies de deux accords pour résoudre la tension… David Fray dégage une sérénité troublante. Mais que dire de la virtuosité du 3e mouvement, Prestissimo, mélodie en octave sur arpèges brisés !

En bis, le Prélude Choral de Bach-Busoni. Le silence est parlant, la salle envoûtée.

YVES BERGÉ

Mai 2012

 

David Fray a joué au Gymnase le 14 mai


Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre Français
13001 Marseille
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/