Vu par Zibeline

Une soirée grand cru dans les chais du domaine de la Cadenière lors du Festival Musique à la ferme

A la recherche du son perdu…

Une soirée grand cru dans les chais du domaine de la Cadenière lors du Festival Musique à la ferme - Zibeline

Songez que ce Pleyel 1830 aurait pu être caressé par les mains de Chopin, que ce Erard 1850 aurait pu croiser le fer avec Franz Liszt et vous comprendrez pourquoi une émotion « proustienne » se dégage de l’interprétation de Rémy Cardinale quand il joue sur ces instruments et quand il en parle.

C’est en duo avec le violoniste Girolamo Bottiglieri, tous deux membres de « l’Armée des Romantiques », qu’il a réinterprété la musique de chambre du XIXe siècle sur ces instruments historiques.

Inutile ici de rentrer dans un débat musicologique qui n’aurait pas lieu d’être, soulignons plutôt l’intérêt de ces concerts « lecture » qui amènent l’auditeur à une écoute autre, plus active, à s’interroger sur le bien-fondé d’une telle démarche, réfléchir, et sortir des sentiers battus. Déroutante la démarche, déroutante aussi la (re)découverte de la Sonatine de Schubert ou de la Sonate en fa majeur de Beethoven sur ce Pleyel aux sonorités acides et percutantes dans le médium et haut médium. Déroutante encore la pièce du jeune compositeur allemand Karlheinz Essl, Kalimba, pour piano-jouet et bande pour un public peu familier de ce type de répertoire ! Soulignons encore le caractère méritoire de la démarche de Jérémie Honnoré qui permet à cette musique d’exister et de vivre dans le cadre du concert ! Plus rassurante sans doute a été la magnifique Sonate en la majeur de Franck, jouée sur un piano Erard au timbre plus soyeux et chaleureux. Conquis, tout l’auditoire, par la prestation remarquable de ces artistes de haut niveau.

CHRISTOPHE FLOQUET
Mai 2018

La soirée « Le Printemps romantique » a ouvert le festival Musique à la ferme, le 19 mai au Domaine de la Cadenière, Lançon-Provence

Photo : c X-D.R