Retour sur le Midi Festival, à Hyères

A Hyères, le Midi Festival préfère dénicher qu’afficherVu par Zibeline

Retour sur le Midi Festival, à Hyères - Zibeline

Elliot Armen, Since Charles, Benjamin Epps, Myd et Mawimbi étaient au programme du festival de musiques actuelles varois.

Niché sur le site archéologique d’Olbia, le Midi Festival détonne dans le paysage des événements musicaux de l’été en Région Sud. Il faudra cheminer entre les vestiges – protégés- d’une antique cité fortifiée, fondée par les colons phocéens au IVe siècle avant notre ère, pour arriver à destination : un espace champêtre surplombant la plage de l’Almanarre. On comprend dès lors que l’on a mis les pieds dans un festival pas tout à fait comme les autres. D’abord, la programmation convie des artistes rarement, pour ne pas dire jamais, croisés à un autre rendez-vous de l’été, mais dont on verra parfois le nom grossir sur les affiches des festivals à venir. Ensuite, le prix de la soirée affiche moins de 25 euros, sur un littoral qui n’est pas réputé pour la légèreté des tarifs. Ceux des consommations, en revanche, n’encouragent ni à la gourmandise ni à l’ivresse… Une structure ouverte en bois invite les fumeurs à s’y retrancher pour ne pas incommoder les autres spectateurs. Sur la scène aux dimensions modestes, Elliott Armen déroule ses ballades folk acoustiques. Le soleil encore vif donne au très jeune auteur-compositeur-interprète breton des airs californiens. À la guitare ou au piano, la douceur de ses accords n’est pas sans rappeler celui pour lequel ses parents ont choisi son prénom : Elliott Smith. La délicatesse de sa voix fait plutôt penser à Cocoon, formation pop française qui, elle aussi, se sent plus à l’aise de chanter en anglais. Simplicité, pureté, intemporalité, Elliott Armen construit ses mélodies comme il cultive les terres de sa maison familiale, dans un rapport intimiste avec son sujet. Tout aussi épuré mais dans une veine davantage électro-pop, Since Charles lui succède. Le Marseillais remplace au pied levé le Britannique Poté « covidé ». Aux synthés, machines, à la guitare et au chant, il livre en solo, avec détachement et légèreté, des tranches de vie amoureuses, urbaines et mélancoliques, sous influence new wave ou soul. Changement radical d’esthétique avec Benjamin Epps : le rappeur porte un hip hop francophone, brut et décomplexé, qui fait revivre le son new-yorkais des années 2005. Provocateur, la voix haut perchée, il aligne les punchlines sur un son old school assumé, des samples au scratch. Les deux dernières formations libéreront les corps. À commencer par Myd : le DJ et producteur lillois parmi les nouvelles têtes de pont de la french touch se produit ici avec ses musiciens (guitare et claviers). Sa voix aiguë et son look de vacancier complètent un univers électro-pop pailleté, dans un esprit disco solaire. Pour finir la soirée, le collectif Mawimbi, actif dans les clubs parisiens depuis les années 2010, propose une fusion afro-électronique fédératrice et pleine de grâce.

Quatre plateaux, quatre ambiances. Toujours tendance.

LUDOVIC TOMAS
Août 2021

Elliot Armen, Since Charles, Benjamin Epps, Myd et Mawimbi se sont produits le 24 juillet au Midi Festival qui a eu lieu du 23 au 25 juillet, au site archéologique d’Olbia, Hyères.

Photo Mawimbi, Midi Festival © Emilien Schely