Les Rencontres à l’Échelle des Bancs Publics

À fleur de peauVu par Zibeline

Les Rencontres à l’Échelle des Bancs Publics - Zibeline

Les Bancs Publics poursuivent vaillamment malgré la modestie de leurs moyens leur travail de diffusion d’images et de textes d’ailleurs; « incertitudes et curiosités » sont les mots de Julie Kretzshmar pour définir sa programmation, dont témoigne très partiellement la soirée dont il est question ici : sensible et féminine (ah…) sous le signe de Lilith avec, en première partie,  la performance de Laurence Garel sur un texte de l’écrivain et activiste iranien Réza Barahéni ; l’homme filmé dans une voiture qui roule dans Marseille la nuit raconte son enlèvement, sa détention les yeux bandés « le pouvoir punit ceux qui voient » et la femme prend la relève de la voix ; la comédienne, pieds nus, robe noire, lance des imprécations, se couche sur le dos et proclame douloureusement avec le poète le pouvoir-à-prendre de la matrice par le rêve et la pensée … images planantes de lune… L’intention paralyse ici la réalisation, et le trop à dire tue le dit.

Heureux renversement de perspective opéré par les lectures successives de Sabine Tamisier et de son invitée Sarah Kérina qui baissant la voix invitent au petit voyage qui fait sortir de soi pour mieux y retourner. D’un été l’autre garde sobrement la trace de ce qu’on appelle « un chagrin d’amour » entre les murs d’une maison et dans les gestes du quotidien ; de quoi distinguer surface et superficiel. Sabine Tamisier ose, en maitrisant le risque du trop plein émotionnel, faire parler son père sur son lit de mort par les mots et la voix qu’elle lui prête. Drôle d’objet que ce Galino qui n’est plus texte mais homme dont la bonté et la clarté de vie transcendent les paroles ordinaires. Lu debout tout simplement.

MARIE JO DHO

Les Rencontres à l’Échelle ont eu lieu dans divers lieux de Marseille du 26 oct au 8 déc