Le concert dessiné de Bastien Lallemant, JP Nataf, Alfred et Charles Berberian conclut le Plan Bis d’Oh les Beaux Jours !

À croquerLu par Zibeline

Le concert dessiné de Bastien Lallemant, JP Nataf, Alfred et Charles Berberian conclut le Plan Bis d’Oh les Beaux Jours ! - Zibeline

Contraint d’annuler sa quatrième édition au printemps dernier, le festival Oh Les Beaux Jours ! a rejoint la programmation aoutienne du Plan Bis du Mucem. En conclusion de cette jolie sélection, un concert dessiné donné au Fort Saint-Jean et transmis en live s’imposait tout naturellement. Avec, côté musique, Bastien Lallemant et JP Nataf, les deux compères des Siestes Acoustiques, et côté palettes les dessinateurs Charles Berberian et Alfred. On emmêle cependant volontiers les rôles et les pinceaux : le temps d’une lecture inspirée  – Le Poids du Ciel de Jean Giono, Le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé – de quelques notes lancées au micro entre deux coups de pinceau, voire de chansons entières. Si Charles Berberian se révèle particulièrement polymorphe, cette circulation toujours égalitaire de la parole artistique distribue habilement les cartes. « C’est bien simple : on a essayé toutes les positions », commentera JP Nataf, auquel on répondrait volontiers qu’une femme ou deux auraient peut-être apporté de nouvelles couleurs à cet imaginaire commun. Et qu’on aurait croisé un peu moins de femmes nues, poursuivies – éloquente et cependant ravissante Filature – enceintes, et de loups maniant des guitares…

On ne boude cependant pas notre plaisir face à une telle effervescence. Au chant, le lyrisme mélancolique de Bastien Lallemant cohabite élégamment avec les ritournelles plus rythmées de JP Nataf. Les aquarelles et croquis se font les complices de ces jolis moments, en évitant cependant de les illustrer platement : un rêveur ensommeillé se révèle ainsi au fil de l’ouverture, où la lecture de Giono laisse peu à peu la place à la Ronde de Nuit de Bastien Lallemant. Le paysage et la musique s’animent en même temps, dans un élan qui semble relever de l’inconscient : les oiseaux en V à l’horizon apparaissent en marquant le temps, les tonalités et couleurs se répondent d’un langage à l’autre. Deux heures de concert s’écoulent dans la nuit tombée, qu’on ne voit pas passer.

SUZANNE CANESSA
Août 2020

Photo © Julie Cohen et Clémence Piot – Mucem

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