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Vu par Zibeline

Retour sur Paréidolie et Art-O-Rama 2017

À Art-O-Rama et Paréidolie, la jeunesse a du talent

Retour sur Paréidolie et Art-O-Rama 2017 - Zibeline

Le temps de deux salons concomitants, Marseille est le miroir d’une création qui n’attend pas le nombre des années pour faire valoir sa vitalité et sa détermination.

La 11e édition d’Art-O-Rama a tenu ses promesses en sonnant le coup d’envoi de la rentrée de l’art contemporain en France si l’on en juge par la présence fournie des professionnels et collectionneurs français et étrangers. Quant au public amateur, le principe du salon lui paraît sans doute encore trop hermétique pour s’y risquer en masse… Eva-Medin-devant-Smars.-Show-Room-Art-O-Rama-2017-©-MGG-_-ZibelineSurtout, Art-O-Rama offre aux artistes émergents une formidable vitrine à travers le Show Room et des distinctions, promesses de lendemains optimistes. Seul bémol dans la nouvelle configuration qui les accueille, justement, c’est Le Studio, réducteur d’espaces et de perspectives. Cohabitent ainsi quatre jeunes diplômés des écoles d’art de Paca et Monaco sur lesquels le commissaire d’exposition Gaël Charbau braque les projecteurs de la foire : François Bellabas, Alice Guittard, Eva Medin et Delphine Wibaux, lauréate 2017 du Prix du Show Room pour ses Absorptions lunaires. Récompense décernée par les galeristes invités, à la dotation alléchante -une bourse de production, un solo show dans l’édition 2018 et l’édition d’un ouvrage monographique-, dont aurait pu bénéficier Eva Medin pour son installation et sa vidéo Smars imaginées au cours d’une résidence en crèche, recomposée in situ et qui joue habilement de l’espace, de la fiction et de la réalité. À leurs côtés se retrouvent pêle-mêle, confinés dans leur box, les partenaires privés qui font ce qu’ils peuvent pour défendre leurs artistes et valoriser leurs projets : Mécènes du sud (Berdaguer & Péjus), Compagnie Fruitière (Wilfrid Almendra), Fondation Logirem (Bertille Bak), Fonds communal d’art contemporain (Timothée Talard, Nicolas Nicolini, Ymane Fakhir et Claire Dantzer), La Maison méditerranéenne des métiers de la mode (Amina Agueznay) et l’ESADMM.

Dans le sacro saint du salon, La Cartonnerie, la lauréate 2016 Sabrina Belouaar bénéficie d’un vaste espace pour développer une écriture personnelle « qui privilégie le corps et ses représentations comme moyen d’analyse » selon Luigi Fassi.

En résonance avec Art-O-Rama, Astérides et Triangle France présentent à La Friche une sélection d’œuvres réalisées par les onze artistes résidents des ateliers municipaux. La 2ème édition du Prix des Ateliers de la Ville de Marseille a été attribué à Marc Étienne pour son installation Tingles on the wall, on the floor and in the air composée de trois sculptures et d’un bas-relief. Là encore il s’agit d’une réelle rampe de lancement grâce à une dotation de 5000 € et l’exposition d’une œuvre dans un musée de Marseille en 2018. Autre événement satellitaire qui a provoqué une vague d’enthousiasme, l’exposition Chorégraphies d’Amandine Simonnet produite par Isabelle et Roland Carta au Studio LittleDancer. Une installation performative conçue, fabriquée, scénographiée par cette jeune diplômée de l’École d’art d’Aix-en-Provence à la maturité remarquable. Comme l’est tout autant son geste, qu’elle cherche à déstabiliser par le mouvement de son corps, son rythme cardiaque ou sa respiration ; comme l’est également son dessin académique, dont elle se libère à travers des protocoles et des contraintes. Une absolue maitrise combinée à une recherche de sens qui lui valent d’avoir fait succomber nombre de collectionneurs…

Un salon bienveillant

Si, à Paréidolie, les galeries consolident leurs réseaux et en créent de nouveaux, toutes se réjouissent de l’accueil réservé par le public et les institutionnels. Non seulement le salon offre une visibilité à leurs artistes mais son « supplément d’âme » est pour eux un atout non négligeable. Pour la jeune galerie Escougnou-Cetraro, tous ses objectifs sont atteints ! Elle a d’abord passé le cap de la sélection en présentant le projet de Pia Rondé & Fabiel Saleil, et est entrée dans ses frais grâce à la vente de 5 pièces sur 15 exposées (de 700 à 5000 €). L’objectif ultime étant, bien sûr, de les vendre toutes… Mais son choix d’accompagner le duo est conforté « par les excellents retours des visiteurs et des collectionneurs » sensibles aux œuvres originales : « Pia Rondé et Fabiel Saleil sont des sculpteurs qui travaillent l’image, la photo sur verre ou le dessin sur zinc, avec à l’origine le geste du graveur ». Conscients « de faire un métier complexe », les deux fondateurs ne regrettent pas leur prise de risque et espèrent renouveler les solos shows le plus souvent possible « afin de rendre le travail des artistes le plus lisible au collectionneur ». Engouement partagé par l’artiste Nathalie Elemento qui apprécie sa dimension humaine, son ambiance particulière, et s’enthousiasme au point de souhaiter s’installer sur le territoire marseillais : « Souvent, dans les salons, il existe beaucoup de cadres dans la présentation. Ici il n’y a pas de barrières, Paréidolie sort du cadre. C’est un vrai lieu de rencontres, sympathiques et intelligentes ». Côté business, « les institutions jouent le jeu et sont présentes auprès de nous et des artistes » souligne Charles Rischard, gallery manager à la galerie Maubert qui présente les travaux de Nathalie Elemento et Gabrielle Conilh de Beyssac. Variant entre 900 et 5000 €, les tarifs ne font pas fuir les collectionneurs car « ce sont de vrais amateurs de dessin » se réjouit Charles Rischard.

Des amateurs de dessin auxquels Paréidolie propose de découvrir la programmation vidéo de Barbara Polla, heureuse de présenter « une short liste personnelle de 15 artistes, dont la moitié n’est pas issue de ma galerie, très différents dans leur carrière, dans leurs pratiques et leurs écritures ». Des artistes d’ici et d’ailleurs comme tous ceux qui ont fait les beaux jours du salon et feront ceux de la Saison du dessin…

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Août 2017

Retrouvez Pareidolie sur la WebTV Zibeline

Art-O-Rama, jusqu’au 10 septembre
art-o-rama.fr

Paréidolie s’est déroulé les 26 et 27 août au Château de Servières
pareidolie.net

Photos : L’artiste Nathalie Elemento et Charles Rischard, Gallery Manager de la galerie Maubert, Paris. Paréidolie 2017 © MGG / Zibeline et Eva Medin devant Smars. Show Room Art-O-Rama 2017 © MGG / Zibeline


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