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Chronique du roman Le cœur par effraction de James Meek paru chez Métailié

Sexe, amour et trahisons

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Chronique du roman Le cœur par effraction de James Meek paru chez Métailié  - Zibeline

«Se marier, fonder une famille, accepter tous les enfants qui viendront, les soutenir dans ce monde incertain, est la meilleure chose qu’un homme puisse réaliser.» La citation que James Meek a placée en exergue à son troisième roman est de Kafka. L’auteur a pris soin d’ajouter entre parenthèses, après le nom du célèbre Praguois, «qui ne le fit jamais». Cette épigraphe pourrait bien s’appliquer à la plupart des nombreux personnages qui peuplent Le cœur par effraction. Puisque tous passent leur temps à s’assigner des lignes de conduite qu’ils s’empressent de ne pas suivre. Tous voudraient être «des gens bien». Ou du moins le paraître. Pas si facile, même pour les plus sympathiques d’entre eux. Cet épais roman (plus de 500 pages tout de même !), qu’on lit avec plaisir malgré certaines longueurs et quelques comparses peu utiles, a le mérite d’allier les plaisirs de la saga familiale classique (avec son lot d’infidélités, de mensonges et de rivalités) à ceux d’une fresque sociale très contemporaine, sur fond de tabloïds, d’émissions de téléréalité pour ados en mal de célébrité, de secte protectrice de la morale -et incitatrice à la délation !- et de recherche scientifique à la pointe de toutes les questions actuelles, du traitement du cancer ou du paludisme à la quête de l’éternelle jouvence. Il y en a presque trop et on s’y perd parfois. N’empêche. James Meek livre ici une belle galerie de portraits, dont celui, très attachant, de Bec (la sœur dans l’histoire) un émouvant personnage de femme d’aujourd’hui, qui comme les autres devra assumer de trahir… pour mieux aimer.

FRED ROBERT

Novembre 2013

Le cœur par effraction
James Meek
Métailié, 21 €

James Meek faisait partie des auteurs invités dans le cadre des dernières Littorales du 18 au 20 octobre à Marseille