Vu par ZibelineLe Méjan arlésien invite 64 mains pour 32 sonates en 8 sessions, une somme de puissance beethovénienne !

(26 X 25) X 23 = Beethoven

Le Méjan arlésien invite 64 mains pour 32 sonates en 8 sessions, une somme de puissance beethovénienne ! - Zibeline

En voilà une bonne idée : convoquer 64 mains pour 32 sonates en 8 sessions durant le dernier week-end de janvier à la chapelle Saint-Martin du Méjan d’Arles.

Cette somme de puissance beethovénienne était réactivée par des étudiants à l’initiative de leur CNSMD Lyonnais sous l’oreille attentive et protectrice de Marie-Josèphe Jude couvant cette pépinière de talents en pleine maturation.

À priori séduisante, l’initiative n’était pas sans risque : qu’en était-il de la cohérence stylistique dans une telle configuration, une œuvre/un pianiste ? Certes le choix quasi chronologique du déroulement des œuvres palliait une partie du problème.

À l’inverse, un nombre restrictif d’interprètes aurait enlevé une richesse de caractères là où les séances multiples permettaient une confrontation parfois antagoniste dont la variété pouvait avoir aussi ses limites. Le public enthousiaste et hétérogène, parfois et malencontreusement clairsemé suivant les horaires en dépit d’une affiche familière (samedi : Clair de lune, Pathétique, Tempête …) l’a bien compris, pour saisir, chacun à sa mesure, les subtilités infinies de ce corpus prométhéen. Tout pianiste, (si ce n’est le mélomane) qui s’est confronté au moins à quelques mouvements du cycle en mesure rapidement les enjeux et la difficulté : au sein d’une forme travaillée, variée, parfois malmenée avec génie à partir des préceptes du maître Haydn se révèle la quintessence musicale pour aboutir à l’ultime forme contrapuntique de la fugue dans les derniers opus. Un sommet dignement et respectueusement revisité avec brio et talent par l’ensemble des protagonistes : quelques faux pas (rares d’ailleurs, compréhensibles et humains) si ce n’est un développement oublié dans l’enthousiasme d’un presto abordé à un train d’enfer ! Mais tellement de rigueur, de perfection et de passion pour électriser un auditoire complice et admiratif. Au hasard et dans la multiplicité des sensations, la deuxième soirée du vendredi  offrait des visions modernes et novatrices (n° 4 à 7) dans une juvénilité admirable.

Ça tapait dur dans les ultimes numéros dimanche soir, trop ?

À chacun de se faire une idée en fonction de sa découverte ou vision beethovénienne. Ils seront enseignants, concertistes, chambristes … L’avenir musical est entre de bonnes mains. Que du bonheur !

PIERRE-ALAIN HOYET
Février 2016

ARLES. Intégrale des sonates de Beethoven, Chapelle du Méjan, en huit concerts du 29 au 31 janvier.

Photo  © Romain Boutillier / Ville d’Arles

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