Las Niñas, long métrage de Pilar Palomero, quatre Goya au compteur, en salles le 27 octobre et à CineHorizontes le 9 novembre

11 ansVu par Zibeline

• 27 octobre 2021⇒3 novembre 2021 •
Las Niñas, long métrage de Pilar Palomero, quatre Goya au compteur, en salles le 27 octobre et  à CineHorizontes le 9 novembre - Zibeline

11 ans, l’âge où l’on quitte l’enfance, l’âge où l’adolescence et ses questionnements arrivent. On est au printemps 1992 à Saragosse. Celia (Andrea Fandos) vit avec sa mère, Adela (Natalia de Molina), une jeune femme assez froide, peu à l’écoute. Adela fait des ménages et ne veut pas que sa fille suive le même chemin. « Je veux que tu étudies, que tu aies un diplôme, que tu sois indépendante. » lui dit-elle. Celia fréquente donc une école catholique dirigée par des religieuses, non mixte, stricte, où l’on prie, l’on brode, où l’on peut être autorisé à chanter dans la chorale ou non, où les dictées sont des extraits d’un essai au titre évocateur, La sexualité au service de l’amour. La vie de Celia change le jour où arrive Brisa (Zoé Arnao), qui apporte de Barcelone un peu d’air frais. L’amitié qui se noue entre les deux filles va faire grandir Celia, lui permettre de se rapprocher de sa mère et d’apprendre ce qu’on lui cachait.

L’histoire que raconte Las Niñas semble, au départ, peu originale. Mais Pilar Palomero, originaire elle-même de Saragosse, a su restituer avec précision, par des décors soignés et des cadrages serrés, l’environnement répressif, hérité du franquisme, dans lequel elle a grandi comme bon nombre de jeunes Espagnoles : tenues vestimentaires strictes, discipline de fer, Pater Noster à longueur de journée, crucifix omni présents. C’est à hauteur d’enfant qu’elle filme, nous faisant partager la transformation de Celia, sa complicité avec Brisa, les fous-rires avec la bande des Niñas, qui écoutent de la musique, jouent avec un préservatif, font la fête, se maquillent, boivent de l’alcool, s’échappant ainsi, par moments, en cachette, du carcan de l’école et pour certaines de leur famille. La caméra de Daniela Cajías a su saisir sur le visage d’Andrea Fandos toutes les émotions que Celia ressent, aussi bien sa tristesse que ces moments d’insouciance et de joie lorsqu’elle découvre que la vie peut être belle.

Ce premier long métrage de Pilar Palomero, qui cite comme référence Carlos Saura et son Cria Cuervos -on peut penser aussi Estiu 93 de Carla Simon Pipóa obtenu quatre Goya au festival de Malaga 2021 dont ceux du Meilleur Film et du Meilleur Premier Film.

ANNIE GAVA
Octobre 2021

Las Niñas, de Pilar Palomero a été présenté en avant-première au festival Cinemed de Montpellier. Il sort en salles le 27 octobre.

Photo © Epicentre Films

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