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Retour sur les Assises régionales du cinéma et de l’audiovisuel organisées par la Région Sud

Concertation régionale

• 6 mars 2019 •
Retour sur les Assises régionales du cinéma et de l’audiovisuel organisées par la Région Sud - Zibeline

La Région Sud a réuni les acteurs culturels du cinéma et de l’audiovisuel pour des Assises qui ont permis de faire le point sur les dispositifs existants, et de discuter, lors de tables rondes, sur son avenir. Michel Bissière, conseiller régional en charge de la création artistique, le rappelait dans son discours inaugural : la région accueille de très nombreux tournages, qui représentent 5000 jours par an et des retombées indirectes très importantes dans l’économie régionale, en particulier l’industrie hôtelière. Créatrice d’emplois, de l’ordre de 7000 dans la région Sud, la « filière » de production y est singulièrement développée, des réalisateurs, acteurs et producteurs, en passant par tous les métiers techniques. Quant à la diffusion, Michel Bissière soulignait lui-même qu’il fallait la soutenir davantage, afin que tous les habitants de la région puissent avoir accès aux films qu’ils désirent voir.

Car la Région a mis en place, conjointement avec le CNC, de nombreux dispositifs visant à prendre sa part dans le dynamisme de la production cinématographique et audiovisuelle : formation, pôles d’activité, soutien à la production (379 œuvres aidées en deux ans) sont depuis 2017, sous l’impulsion de la profession, complétés par des aides au développement et des bourses et résidences d’écriture.

Les aides à la diffusion, et en particulier le soutien aux salles et aux festivals, restent en revanche en deçà des attentes : si les habitants de la région Sud se rendent plus que d’autres au cinéma (deuxième région après l’Île de France), le nombre de siège par personne n’est pas satisfaisant, de nombreux films ne sont pas diffusés et l’âge moyen du spectateur est plus élevé qu’ailleurs : les jeunes, malgré les dispositifs d’éducation à l’image, se rendent peu au cinéma, et vont très majoritairement voir des grosses productions américaines.

Des problèmes abordés lors des tables rondes, qui soulignaient l’importance de l’éducation à l’image, des festivals qui programment des films différents, du soutien aux salles d’art et essais et associatives.

Et de la liberté de création, qui doit être strictement préservée lors de l’attribution des aides : un concept que Renaud Muselier a maintes fois affirmé comme étant le marqueur le plus net de sa différence, fondamentale, avec le Rassemblement national en matière de politique culturelle. L’éducation populaire à l’image, à l’heure où les cinémas du monde sont de moins en moins prisés et programmés, le soutien aux festivals qui programment des films fragiles et différents, l’action publique envers les chaînons de la filière qui sont les plus fragiles, seraient un signe supplémentaire. L’écoute et l’organisation de vrais débats qui influencent la décision publique en est une autre !

AGNÈS FRESCHEL
Mars 2019

Les Assises régionales du cinéma et de l’audiovisuel ont eu lieu le 6 mars à Marseille

Photo : c Franck Pennant