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Entretien avec Pascal Maurin, organisateur de manifestations électro dans le sud de la France

Célébrer, démocratiser, s’engager

• 23 juillet 2018⇒29 juillet 2018 •
Entretien avec Pascal Maurin, organisateur de manifestations électro dans le sud de la France - Zibeline

Organisateur de nombreux festivals dans la région (du récent Dernier Cri à Montpellier aux historiques Électro d’Uzès), Pascal Maurin est un organisateur/programmateur hyperactif. À travers ses événements d’été, tous très différentes dans leurs approches, se devine la démocratisation des musiques électroniques depuis près de vingt ans. Entretien

Zibeline : Kolorz à Carpentras, les 20 et 21 juillet, est le plus récent des festivals d’été que vous avez créé, quel en est le contexte ?

Pascal Maurin : J’habite à Carpentras et il y a dix ans les trentenaires ont voulu exprimer une autre image de la ville, singulièrement ternie avec la montée du FN local. C’est un projet artistique mais aussi un geste politique qui a eu un écho favorable de la municipalité. Mon travail est de créer des festivals musicaux et c’était ma manière de m’engager. En termes de programmation, l’idée est d’attirer des têtes d’affiche internationales pour faire venir tous les publics à Carpentras, un défi, qui plus est dans un lieu qui possède une jauge limitée à 3000 personnes.

Tohu Bohu, en revanche, a accompagné la démocratisation des musiques électroniques depuis ses débuts, de l’underground à un phénomène culturel accepté.

C’est en 2001, au moment où je terminais mon mémoire sur l’institutionnalisation des musiques électroniques à la faculté, que j’ai été embauché par le Festival de Radio France dirigé par René Koering pour réaliser une programmation électro. Il est important de dire que Tohu Bohu fait partie intégrante de ce festival qui programme 250 concerts dans la région, sur une dominante classique. Cette innovation a contribué à légitimer cette musique auprès du public et des décideurs, et démocratiser les musiques électroniques : aujourd’hui toutes les villes de France possèdent leur propre festival ! Cette année nous consacrons trois soirées à trois villes représentatives de l’effervescence de la culture électro, dont Tbilissi pour soutenir la scène techno géorgienne victime d’une terrible vague de répression actuellement.

Avec Résonance, le choix de s’inscrire dans des lieux patrimoniaux d’Avignon est de retour cette année, avec cette notion d’« art des lieux » qui colle vraiment à l’identité des musiques électroniques.

La notion de patrimoine était inscrite dans le projet du festival dès le début, avec l’idée de se servir du vecteur des musiques électroniques pour le faire redécouvrir et ça fonctionne très bien : des jeunes nous disent « on ne connaissait pas ce jardin, ce musée… ». En organisant des soirées électro à l’Hôtel de Caumont, nous avons aussi donné envie aux publics de visiter les expositions de la Collection Lambert. L’édition 2016 a occasionné quelques nuisances sonores et en 2017 nous avons fait le choix d’investir des lieux plus classiques, ce qui était moins original. Avec l’accord de la Mairie, nous avons voulu revenir dans des lieux chargés d’histoire, comme le Musée Calvet, un beau lieu pour les musiques sous toutes leurs formes.

Propos recueillis par HERVÉ LUCIEN
Juillet 2018

Tohu Bohu/Festival de Radio France
23 au 25 juillet
Parvis de l’Hôtel de Ville, Montpellier
facebook.com/Tohu.Bohu.Montpellier/

Résonance
26 au 29 juillet
Divers lieux, Avignon
festival-resonance.fr

Photo : Pascal Maurin -c- Thomas O’Brien