Trois ans après l'ouverture de sa galerie, Karima Célestin s'éloigne de Marseille pour rejoindre Londres

Ce n’est qu’un au revoir

Trois ans après l'ouverture de sa galerie, Karima Célestin s'éloigne de Marseille pour rejoindre Londres - Zibeline

16 expositions, 9 projets curatoriaux, 6 solo show, une trentaine d’artistes invités, 15 «brunchs du dimanche» dédiés aux enfants, de multiples projets hors les murs et salons internationaux : trois ans après l’ouverture de sa galerie, Karima Célestin s’éloigne de Marseille destination Londres. Mais ne quitte pas le navire définitivement… Explications.

Satisfaite de son parcours et des soutiens obtenus dans une ville qu’elle ne connaissait pas, de la visibilité acquise par sa galerie dans le paysage régional et au-delà, Karima Célestin reconnaît «avoir été souvent seule à représenter Marseille dans les foires». À présent elle met à profit le terme de son bail pour fermer boutique et se lancer dans un nouveau projet entièrement dédié à la vidéo :

«J’ai l’impression d’avoir fait le tour et de ne pouvoir aller plus loin. Ma galerie n’est plus adaptée et j’ai envie de franchir un autre palier. Je ne crois plus au schéma économique classique de la galerie : pour perdurer, il faut être inventif, créer d’autres types de fonctionnement. Administrativement, je garde la galerie et parallèlement je crée une structure, Mira, qui signifie «regarde» en espagnol, pour proposer des services de conservation, de diffusion et de production. Je change seulement de territoire. D’ailleurs je ne vois que du positif dans mon expérience marseillaise, mais aujourd’hui je vise l’international.»

Trop à l’étroit donc, dans la galerie et dans la cité phocéenne, elle veut relever le challenge, sans amertume mais avec clairvoyance : «C’est une ville qui a un fonctionnement compliqué, assez clanique. Parfois il n’y a pas de place pour tout le monde, du coup, je suis restée indépendante depuis le début. Marseille a pourtant besoin de galeries privées…»

Son départ se fera en douceur car, à la fin de l’été, le salon de dessin contemporain Paréidolie lui a déjà offert une carte blanche : l’occasion de proposer le travail du vidéaste et dessinateur algérien Massinissa Selmani dont l’œuvre, actuellement à la Biennale de Venise, sera à l’affiche de la prochaine Biennale de Lyon. Pour Karima Célestin, c’est déjà l’international !

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Juillet 2015

www.karimacelestin.com

Photo : Karima Célestin © Marie Godrin-Guidicelli