Entretien avec l'éditrice Fabienne Pavia, chargée d'organiser une manifestation littéraire à Marseille

Bientôt les beaux jours

Entretien avec l'éditrice Fabienne Pavia, chargée d'organiser une manifestation littéraire à Marseille - Zibeline

Zibeline : Vous êtes éditrice. Comment en êtes-vous venue à organiser, avec une libraire, une manifestation littéraire ?

Fabienne Pavia : C’est bien de fabriquer des livres. Mais c’est bien aussi de se demander pourquoi les gens lisent, ou ne lisent pas. Nous voulons partir des thèmes qui intéressent les Marseillais, et voir comment ils peuvent irriguer la littérature. On a mené une enquête, pour savoir quelle était l’attente thématique générale. On nous a parlé de mondialisation, de cuisine, de la conquête de l’espace, de la mélancolie… On a décidé de partir vraiment de ces réponses, et de mêler les écrivains avec des astrophysiciens, des cuisiniers, des penseurs hors de leur champ.

Pas de rencontre littéraire classique donc, avec un modérateur et des écrivains qui présentent leur dernier livre ?

Si, il y en aura, mais on veut proposer aux auteurs des images d’archives, ou d’actualité, pour croiser les paroles. Et qu’ils réagissent aussi à de petites formes que l’on aura préparées avec des jeunes lors d’ateliers autour de leur œuvre. On travaille sur des e-ku (haïku numérique ndlr) que les jeunes partagent très vite… Si l’on veut intéresser les Marseillais à un festival littéraire, il faut travailler en amont, et inventer ! Nous avons déjà commencé les ateliers, et dès septembre il y aura des auteurs en résidence, des rencontres, pour préparer le festival durant 9 mois.

Le festival aura lieu quand ?

En mai 2017. Cela s’appellera Oh les beaux jours !, parce que nous voulions de la gaité ! Mais dans l’immédiat nous aurons des rendus d’ateliers à la Criée et au MuCEM.

Pourquoi cette difficulté selon vous à rassembler sur un événement littéraire ?

C’est une constante, à Marseille. On y parvient moins bien qu’à Manosque, à Aix. Les Littorales avaient une programmation irréprochable, intéressante… mais pas les moyens d’installer en amont leur festival ; qui rassemblait du monde, mais essentiellement des lecteurs avertis. Nous voulons élargir le public, et en particulier faire venir la jeunesse au plaisir du livre.

Votre association reprend aussi l’organisation des Rencontres d’Averroès…

Oui, Thierry Fabre et France Culture organisent bien sûr les Tables rondes, mais nous allons reprendre l’organisation d’Averroès Junior, et de la programmation artistique.

Cela fait beaucoup de travail pour Des livres comme des idées, votre association naissante !

Oui !

Vous avez un budget arrêté pour tout cela ?

Pas encore… Mais pour 2016, c’est-à-dire la préfiguration de Oh les beaux jours !, nous avons 80 000€, pour Averroès autour de 200 000€ sans doute. En 2017 pour le festival nous espérons avoir 700 000€.

De la Ville de Marseille ?

Entre autres, et principalement. Mais nous devons trouver d’autres financements, de l’État, du Centre National du Livre, des collectivités, et puis du mécénat. Nous sommes en pleine recherche encore.

Et où se déroulera le festival ?

Autour du Vieux Port, en itinérance : à la Criée, à l’Opéra, à la Chambre de Commerce, au MuCEM, avec un thème pour chaque lieu, des formes participatives et ludiques dans les halls, des débats dans les salles. Et aussi des concerts littéraires, des lectures…

Avec des gens d’ici ?

Oui, c’est un de nos engagements : faire travailler les acteurs du territoire. Bien sûr nous ferons venir les écrivains de l’actualité du livre. Mais en mai on est loin de la rentrée littéraire, et les enjeux seront différents….

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL
Février 2016

Lire notre article sur le Contrat Lecture de la Ville de Marseille