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Anne-Marie d'Estienne d'Orves, adjointe à la culture de la Ville de Marseille, au sujet du Toursky

Anne-Marie d’Estienne d’Orves au sujet du Toursky

Anne-Marie d'Estienne d'Orves, adjointe à la culture de la Ville de Marseille, au sujet du Toursky - Zibeline

Entretien avec Anne-Marie d’Estienne d’Orves, adjointe à la culture de la Ville de Marseille (lire ici notre entretien avec Richard Martin, directeur du Théâtre Toursky, ainsi que nos explications.

Zibeline : Que se passe-t-il avec le théâtre Toursky ?

Anne-Marie d’Estienne d’Orves : C’est un tel échec pour moi de ne pas être parvenue à travailler avec Richard Martin comme je le fais avec les autres ! Ce lieu historique est nécessaire, il est dirigé par celui qui l’a créé et qui est une figure incontournable de la ville, un artiste fantastique avec un cœur énorme ! Mais il a été impossible pour nous de nous asseoir à la table avec lui et de bâtir un projet de territoire et un projet d’avenir pour ce théâtre. Je ne suis pas contre le fait de remonter sa subvention, mais encore faudrait-il pouvoir discuter…

Discuter à quel propos ? Monsieur Gaudin avait promis publiquement de financer la deuxième salle. Êtes-vous contre son existence ?

Non, pas du tout, même si je n’étais pas aux affaires du temps de cette promesse. Il a créé un lieu qui comble un vide, cette deuxième salle était certainement nécessaire. Mais il faut penser le territoire plus globalement : nous avons créé des pôles hyper-intéressants avec La Joliette et le Lenche, Le Gymnase et les Bernardines, aujourd’hui Le Merlan et la Gare Franche. Nous additionnons les moyens, nous ne baissons pas les subventions en mutualisant les lieux. Mais c’est de l’argent public, il faut que nous puissions revoir avec Richard Martin, comme avec les autres, les équilibres, cela n’est pas méchant de notre part…

Pensez-vous à l’avenir de ce théâtre après Richard Martin ?

L’âge d’un directeur ne me dérange pas s’il se sent de diriger ce théâtre et s’il en est capable, je n’ai vraiment rien à dire ! Je ne mets pas du tout son âge en cause, mais il faut qu’on l’aide à écrire la suite du projet. Pas un autre projet, son théâtre est plein, dynamique, mais il faudra sans doute plus tard s’ouvrir différemment, moderniser certaines choses. Et réfléchir à comment développer l’espace Léo Ferré sans pénaliser le théâtre.

Cette baisse a-t-elle à voir avec le fait que le Théâtre Toursky est le seul qui accueille des réunions politiques de gauche ou les Gilets Jaunes ?

Franchement, regardez un peu qui on finance ! On ne peut pas nous soupçonner de censure politique, nous ne regardons pas l’étiquette de quelqu’un, mais quel est son projet artistique pour la ville. Jamais la politique n’entre en jeu. Jamais.

L’audit portera-t-il aussi sur les comptes ?

Les comptes ne sont pas opaques, nous voulons juste aider à ce que la machine marche mieux.

Richard Martin affirme que la Ville le baisse pour augmenter les Gymnase/Bernardines et le Festival de Jazz des 5 continents que vous avez longtemps dirigé…

C’est un impulsif, je ne lui en veux pas, mais cela relève de la diffamation. Les théâtres de Bluzet, après une hausse logique quand il a pris la direction des deux salles, ont perdu 20 000 euros cette année. Du moins s’il n’y a pas de vote de rattrapage. Quant au Jazz des 5 continents, depuis que je suis adjointe à la culture, je suis particulièrement attentive à ne pas les augmenter… Leur subvention a baissé depuis 2014, et ils m’en veulent un peu !

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL
Juin 2019

Photo : Anne-Marie d’Estienne d’Orves-c-X-D.R.