Politique culturelle:Le point sur la politique culturelle de la Métropole Aix-Marseille Provence
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Le point sur la politique culturelle de la Métropole Aix-Marseille Provence

Aix-Marseille Provence : quelle politique culturelle ?

Le point sur la politique culturelle de la Métropole Aix-Marseille Provence - Zibeline

Mutualiser, fédérer : les élus à la culture de la Métropole veulent « aller au-delà de l’hétérogénéité des territoires »

Le 5 juillet dernier, la Métropole Aix-Marseille Provence (AMP) donnait une conférence de presse pour faire le point sur sa politique culturelle. En introduction, Daniel Gagnon, vice-président délégué à la culture et aux équipements culturels, s’est réjoui de la présence à ses côtés d’Anne-Marie d’Estienne d’Orves, pour la Ville de Marseille, et de Philippe Charrin, du Pays d’Aix. Deux collectivités aux positions longtemps antagonistes, dès qu’il a été question de constituer la Métropole1.

Si les frictions perdurent dans d’autres secteurs, les élus de la culture ont manifestement plaisir à présenter un front commun, Anne-Marie d’Estienne d’Orves se déclarant ravie de travailler avec ses deux confrères, le trio formant « une équipe très agréable et efficace ». Et Philippe Charrin se joignant aux congratulations, en s’adressant à Daniel Gagnon : « Venu d’un territoire farouchement hostile à la Métropole, je me demandais comment on allait parvenir à se parler. Tu as réussi, grâce à cette politique culturelle, seule compétence partagée par tous, qui nous a permis d’échanger ». Et de renchérir : « Tu as su le faire avec le petit budget que l’on te donne. Tu mérites des fonds supplémentaires : je lance le message à nos financiers ! »

Petit budget, mais réflexion globale

Petit budget, certes : un million d’euros, « une goutte d’eau, une vaporisation », pour Daniel Gagnon, rapportée au budget global d’Aix-Marseille Provence, de 1,9 milliards d’euro. Ce petit million se complète de lignes bien plus importantes destinées à gérer les équipements et les actions culturelles déléguées sur les divers territoires, précise immédiatement l’un de ses collaborateurs. Mais en fonctionnement, pour l’heure, la Métropole dispose de peu de forces propres. Les transferts de compétences, qui devaient se faire avant le 1er janvier 2018 entre les Communes et la Métropole pour certains équipements, comme l’Opéra, ou entre le Département 13 et la Métropole, pour certaines compétences culturelles, n’ont pas été opérés. La politique culturelle d’AMP reste donc pour l’heure marginale par rapport à celle des 6 territoires et 92 communes qui la composent, et par rapport à celle du Département 13 qui, en dehors du Pays d’Arles, la recoupe exactement. Cet échelon administratif départemental étant (sans doute ?) voué à disparaître, la politique culturelle de la Métropole reste, en raison de ce flou institutionnel, à inventer, plus de deux ans après sa création.

Elle n’est pas pour autant en panne, et le « petit million » est employé à expérimenter des projets fédératifs à l’échelle métropolitaine. Il ne s’agit pas de « saupoudrer des subventions », répond Philippe Charrin, l’ambition de la collectivité étant de mener une réflexion globale et de construire un avenir. « Faire plus, à budget constant : ne pas constituer un guichet supplémentaire, mais organiser les choses pour être complémentaires, avec les communes, la Région et le Département. » Pour celui qui est aussi Maire de Vauvenargues, il est important de rappeler que chaque territoire conserve son budget et choisit ses priorités, la Métropole chapeautant le tout, au-delà de l’hétérogénéité de ses constituants. « C’est un peu le garant du maintien d’une politique culturelle en période de restriction budgétaire, qui empêche quiconque de se sentir orphelin. » Là-dessus, on aurait apprécié d’entendre des représentants d’Istres-Ouest Provence, ou des Pays d’Aubagne et de l’Étoile, de Salon et de Martigues.

S’appuyer sur l’existant

Concrètement, la Métropole s’associe à des opérations déjà existantes, comme le festival Jazz des cinq continents à Marseille, le Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, ou encore le Festival de piano de La Roque d’Anthéron, en les incitant à se déployer plus largement, pour toucher d’autres populations métropolitaines en dehors de leurs territoires historiques. Ainsi, cet été et au-delà, les concerts de ces grands festivals parcourent le territoire, amenant la musique vers les habitants, et les touristes passagers.

Il s’agit aussi, durant l’année, de poursuivre les efforts entrepris en matière de lecture publique2, en s’appuyant sur le réseau culturel le plus présent dans chaque commune : celui des médiathèques et bibliothèques municipales. De créer un portail documentaire pour mettre en commun leurs fonds, donnant accès à d’importantes ressources depuis n’importe quelle commune. De lancer « une vitrine culturelle métropolitaine sur la toile », sous forme là aussi d’un portail dédié.

Mais la Métropole envisage aussi de continuer à développer des Projets spécifiques de Territoire comme le Festival de la Font de Mai dans le Pays d’Aubagne (du 27 au 31 juillet), et de maintenir directement une activité d’opérateur culturel à l’échelle métropolitaine, en portant d’autres manifestations comme elle le fait avec Lecture par nature. Un projet d’envergure qui reviendra du 25 octobre au 18 novembre, après un franc succès l’an passé.

GAËLLE CLOAREC et AGNÈS FRESCHEL
Juillet 2018

1 La Métropole Aix-Marseille Provence est la plus grande de France. Créée en janvier 2016, elle compte 92 communes et 1,83 millions d’habitants.

2 Le 28 juin dernier, le conseil métropolitain a acté la signature avec les services de l’État d’un Contrat Territoire Lecture, impliquant des financements disponibles pour les municipalités qui souhaitent renforcer le service rendu au public.

Illustration : Répartition des rendez-vous à vocation culturelle et sportive de la Métropole Aix-Marseille Provence sur son territoire